Hockey – La place de la femme dans le monde du hockey – les supportrices

Les femmes sont de plus en plus présentes dans les gradins des patinoires pour soutenir leur équipe. Voici à présent les témoignages de supportrices qui ont accepté de se livrer pour porter (encore) une fois leur voix pour se faire entendre et pour dire que oui, la femme a entièrement sa place dans le monde du hockey.

Anaïs Taillez : « Le hockey sur glace est un sport qui peux être pratiqué par les filles ».
La jeune fille suit depuis 2014 les lions de Wasquehal. Elle a découvert ce sport grâce aux dires de ses amis. Pour Anaïs, il y a beaucoup plus de contacts dans le hockey masculin que lorsque les femmes pratiquent cette discipline, ce qui pourrait engendrer des risques si les règles ne changent pas pour une éventuelle équipe mixte à haut niveau. Selon la jeune fille, le hockey féminin est plus technique. Anaïs se livre sur ses impressions qu’a la femme dans le monde du hockey : « Le hockey sur glace est un sport qui peut être pratiqué par les filles. Toutes les filles ne jouent pas à la poupée. »

Anaïs Taillez

Camille Jacob : « Le hockey féminin n’est pas encore popularisé. »
La jeune femme a découvert le hockey lorsqu’elle était au collège : « Je suis l’équipe de Gap depuis 2010. J’avais déjà vu des matchs auparavant mais je m’y suis vraiment intéressée durant l’année 2012. C’est tout simplement en allant voir des matchs que j’ai découvert ce sport. J’avais la chance d’habiter près de Gap et que le collège nous donne des places pour assister à des matchs gratuitement. À l’époque, il n’y avait pas du tout le même engouement autour de ce sport, j’ai donc pu constater une nette évolution. » Camille a déjà vu un match de hockey féminin : « La discipline était plus stricte par rapport au hockey masculin. Le fait que se battre ne soit pas toléré chez les femmes démontre que la discipline est belle et bien plus présente contrairement aux hommes. Cependant, cela reste moins impressionnant que les hommes et l’ambiance n’est pas au rendez-vous car le hockey féminin n’est pas encore popularisé. »  Camille trouve que cela pourrait être une bonne chose qu’il y ait des équipes mixtes de hockey à haut niveau. Cependant, elle n’est pas sûre que cela permette de mettre en avant le rôle de la femme dans ce sport. « Je n’ai pas connaissance d’autres sports où il y a des équipes mixtes à haut niveau donc je ne pense pas que ce soit encore intégré dans les mœurs. En revanche, je pense que cela pourrait être une expérience sympathique et qui permettrait de montrer que les femmes sont les égales des hommes et qu’elles ne sont pas inférieures ! » La jeune étudiante pense que la femme est sous-représentée dans le monde du hockey, que ce soit à n’importe quel poste. « Il y a peu d’équipes féminines, pas beaucoup de journalistes féminines qui présentent ou parlent de hockey, ni de femmes au sein du staff des équipes. Ayant eu plusieurs fois l’opportunité de m’immiscer non loin des vestiaires et du bord de glace, j’ai pu constater un monde du hockey essentiellement masculin qui peut, en prime, se trouver machiste. »

Cloé André : «  Ce sport qui peut être tout aussi féminin que masculin. »
La jeune fille de 18 ans supporte les Albatros de Brest, depuis 7 ans maintenant : « J’avais 9 ans la première fois que j’ai vu un match mais je ne m’en souviens pas. Lorsque j’y suis retournée en 2011 du coup, ce fut un coup de foudre ! » La rencontre avec le hockey, une histoire de hasard pour Cloé : «  Un jour, durant la saison 2011-2012, ma mère trouvait que le programme télé du soir était vraiment déplorable. Elle a donc regardé les sorties possibles sur Brest et elle a vu un article dans le journal parlant du match qui allait avoir lieu le soir même. Elle nous y a donc emmenés en pensant que ça changerait un peu. Ensuite j’ai demandé à y retourner tous les week-ends. C’est donc là que la passion est née ! » La jeune Brestoise trouve dommage que les femmes ne soient pas mélangées aux hommes dans des équipes à haut niveau, et que cela pourrait être intéressant : « Ce n’est pas facile de jouer dans une équipe masculine quand on est une fille, et je parle par expérience en roller-hockey : on nous croit plus faible et incapable de mettre des charges ou de patiner vite par manque de puissance, on nous fait beaucoup moins de passes, donc l’essai des équipes mixtes n’a même pas sa place en haut niveau, On entend déjà très peu parler des équipes loisirs mixtes… Pour ma part, je n’ai appris que cette saison que Brest en possédait une en plus de l’équipe féminine. Mais si on en parlait d’avantage, si on laissait plus de chances aux filles de montrer leurs forces, leur puissance, la discipline pourrait évoluer. Je ne serai pas étonnée de voir de belles équipes évoluer si les préjugés étaient mis de côté. » Cloé a elle aussi déjà vu un match de hockey féminin : « Je trouve ce hockey là plus protecteur, il y a moins de charges, moins de « brutalité ». En termes de puissance, certaines ont le même niveau que les gars, je dirai même que c’est plus précis, plus organisé. » Elle nous donne à présent son point de vue sur la place de la femme dans le monde du hockey ; «  Je suis soulagée de voir qu’il y a de plus en plus de femmes dans le monde du hockey. En tant que joueuse au roller-hockey, je sais que c’est encore très masculin et que nous les femmes sommes encore mises à l’écart ou alors pas prises au sérieux. Cela dit, il faut que l’on se batte pour promouvoir ce sport qui est trop perçu comme sport de bagarre, brutal ou encore dangereux. » La jeune fille poursuit : « Malheureusement ce sont des stéréotypes qui persistent notamment en France puisque le hockey n’est pas médiatisé car peu populaire… Nous entendons très peu parler des équipes masculines mais c’est encore pire pour les féminines alors qu’elles pourraient faire renverser la balance des stéréotypes. Par expérience, les gens me rient au nez quand je leur dis que je suis passionnée par le hockey, un peu dans le même genre que les femmes passionnées par la musculation ou le bodybuilding. Mais j’aimerai vraiment leur montrer que c’est un magnifique sport, qu’il n’est pas brutal mais il y a de la puissance, qu’il n’est pas dangereux mais fait preuve d’agilité, qu’il n’y a pas de spectacle mais de la rapidité, de la maîtrise, avec un vrai esprit d’équipe, un vrai sens fraternel. S’ils se rendaient compte de ce que font les joueurs/ joueuses avec leurs patins, crosses et palet … » Cloé termine : «  Ainsi je dirais, pour conclure, que la féminisation du hockey progresse, lentement mais sûrement : tout d’abord par le bénévolat, mais
l’enjeu lui est aussi important, les médias exposent aux yeux du monde la véritable facette de ce sport qui peut être tout aussi féminin que masculin. »

Cloé André

Claire Gras : « Les mentalités semblent changer. »
Cette jeune Rouennaise supporte son équipe depuis 2015. Elle a découvert le hockey grâce au conjoint d’une amie : «  Il était arbitre en U22, j’ai donc commencé à aller voir les matchs de cette catégorie. Mon fils et moi avons adoré et nous avons rapidement été voir un match de Synerglace Ligue Magnus. Résultat, nous sommes devenus accros ! » Pour Claire, il est impossible de faire des équipes mixtes qui évolueraient à haut niveau : « La différence physique est impressionnante entre un homme et une femme. Je doute donc que les matchs soient équilibrés dans ces conditions. En loisir ou en match d’exhibition pourquoi pas, mais pas en championnat. » La diététicienne de 44 ans a déjà eu l’occasion de voir des matchs féminins, et notamment en championnat du monde. Vu que les charges sont interdites, Claire trouve que le jeu est beaucoup plus fluide : «  Il y a beaucoup moins d’arrêts de jeu et de prisons. En revanche, le jeu est moins rapide et intense. C’est différent du hockey masculin mais tout aussi intéressant ! » Claire nous donne son avis sur la place de la femme dans le monde du hockey : «  Je pense que comme beaucoup de sport, la place ne doit pas être facile car il doit certainement y avoir moins de joueuses que de joueurs, ce n’est donc pas forcément évident, et ce en fonction des clubs de faire des équipes 100% féminine. Par contre, la fédération fait beaucoup de promotion pour le hockey féminin et semble vouloir le promouvoir en organisant des stages 100% pour filles pendant les vacances d’été. Les mentalités semblent changer et ce n’est pas plus mal. »

Julie Drewnowski : « Sur la glace, clairement on ne voit pas assez de hockey féminin. »
Julie va à la patinoire Charlemagne depuis la saison 2012-2013 pour soutenir les Lions de Lyon. Sa rencontre avec ce sport, la jeune femme nous la décrie : « Mon premier souvenir de hockey, c’est les Jeux d’Albertville en 92. Je me souviens d’une énorme bagarre en fin de match entre les USA et une équipe du bloc de l’est si je me souviens bien. Depuis ce moment, je m’étais toujours dit que j’aimerais voir un match. Le hockey étant très peu médiatisé, je ne connaissais rien sur le sujet, ni les ligues, ni les clubs, ni les dates de début et fin de saison. C’est finalement une offre Groupon du LHC qui m’a permis de voir un premier match à la patinoire Charlemagne 20 ans plus tard. Depuis, j’ai dû en rater une dizaine, pas plus. » Pour Julie, ce n’est pas un problème s’il n’existe pas d’équipe mixte à haut niveau : « Je trouve même la séparation importante, tant le jeu proposé n’est pas le même. Le jeu masculin est physique, rapide et avec beaucoup d’impact. Dans le cas d’équipes mixtes, je ne suis pas certaine que la mixité serait vraiment répandue, au profit d’une chasse au gabarit et à la puissance qui favoriserait les hommes. Le jeu féminin est moins rapide mais beaucoup plus technique, et à mon sens beaucoup plus agréable à regarder. Les ligues féminines scandinaves autorisant les charges proposent un jeu beaucoup plus typé « masculin », que je n’apprécie pas particulièrement. Pour revenir à la mixité, je me souviens d’une gardienne listée dans l’effectif de Mulhouse en D1 il y a quelques saisons (Mathilde Bopp, NDLR), mais je ne sais pas si elle a joué dans un match cette saison-là, elle ne devait être que la 3
e gardienne de l’équipe je pense. Je m’en souviens parce que j’étais étonnée de voir une femme alignée dans une équipe de D1, j’avais recherché dans les textes officiels de la fédération des informations sur une interdiction de participation pour les femmes, sans en trouver. » Le hockey féminin intéresse la jeune femme, même si elle n’a jamais pu en voir en se trouvant à la patinoire : « En revanche, j’essaie de regarder des matchs féminins via internet quand je le peux, par exemple des matchs des Canadiennes de Montréal sur YouTube. J’ai également regardé l’ensemble des matchs de hockey féminin aux derniers Jeux. Je voulais aller voir les bleues à Vaujany mais mon agenda ne me l’a pas permis, donc je suis à l’affût d’un premier match féminin programmé dans une patinoire pas trop loin de chez moi. J’aime beaucoup le hockey féminin parce qu’en plus de la technique mentionnée dans ma réponse précédente, je trouve que les filles sont plus créatives dans leur jeu, le placement est différent, il y a moins de passage en force. Une autre grande différence avec le hockey masculin, je trouve, est l’hétérogénéité de niveau entre les équipes. Dans le hockey masculin, on a un top 6-8 mondial, et puis un petit groupe d’équipes qui suivent cette « élite », avec un niveau assez homogène, où tout le monde peut battre tout le monde. Dans le hockey féminin, après les équipes de tête, le niveau est très disparate, la faute en partie je pense à un développement très en retard du hockey féminin dans les pays qui manquent de culture hockey. » Julie se livre à présent sur ce qu’elle pense de la place de la femme dans le monde du hockey : « Voilà une question qui regroupe de multiples aspects : place sur la glace, place dans les fédérations et équipes, place dans les gradins, place dans les écoles de hockey, … Pour ce qui est de la place sur la glace, clairement on ne voit pas assez de hockey féminin. Sport « de riche » tant l’équipement coûte cher, sous-développé (je ne savais même pas que ce sport existait jusqu’à en voir à la télé pendant des JO à l’âge de 15 ans), et qui ne permet qu’à un tout petit nombre d’en vivre. Et encore, quand on parle des hommes, certains arrivent à en vivre en France. Côté féminin, l’expatriation est indispensable si le but est de vivre du hockey, et que ça ne reste pas un loisir en plus d’un job traditionnel. Dans les fédérations, j’ai l’impression que les femmes sont assez bien représentées, même si les postes les plus hauts restent trustés par les hommes. Pareil dans les équipes, je n’ai pas connaissance en ce moment d’équipes en Ligue Magnus dont le président est une femme. Même si c’était le cas à Grenoble avec Stéphanie Carrel-Magnan avant l’arrivée de Jacques Reboh pour la saison 2016-2017. Dans les gradins, on est nombreuses. Dans l’ensemble, on ne doit pas être trop loin de la parité. Le hockey est un sport familial, il y a beaucoup de familles avec enfants qui viennent voir des matchs, donc les femmes sont assez bien représentées. Dans les écoles de hockey, aucune idée, je suis seulement supportrice et je n’ai aucun élément sur la proportion de filles et de garçons dans le mineur. Par contre, dans les matchs junior auxquels j’ai assisté, je n’ai jamais vu de fille dans l’effectif. »

Marine Delon : « Les femmes peuvent avoir leur place.»
La jeune femme a commencé à suivre les Rapaces de Gap depuis le mois de novembre 2017. Elle a découvert le hockey grâce à un joueur justement : « J’ai eu l’opportunité de discuter avec l’un des Rapaces dans le cadre de mon travail, il m’a donné envie d’aller découvrir un autre sport que celui dans lequel j’ai toujours baigné, le sport auto. Parallèlement, une collègue de boulot m’a offert une place pour aller voir un match, tout est parti de là. » Pour la jeune femme, il n’y a pas d’intérêt à faire des équipes mixtes à haut niveau, du fait que « les équipes féminines soient très douées. » Justement, les matchs de hockey féminins, Marie n’en a jamais vu : « Si je suis amenée à en voir un jour, c’est avec plaisir, mais je ne vais pas courir après, car je ne fais aucune différence dans le sport entre les hommes et les femmes. » La Gapençaise nous donne son point de vue sur la place qu’occupe la femme dans le monde du hockey : « Je pense que les femmes peuvent avoir leur place, tant en temps que joueuses que supportrices, accompagnatrices, membres d’un club … Après je pense que le hockey féminin n’est pas assez soutenu ni connu, malheureusement. »

Natacha Martin : « Les femmes supportrices sont bien intégrées. »
Natacha supporte les Drakkars de Caen depuis maintenant 27 ans. Elle a découvert le hockey grâce à une amie : « elle avait gagné des places à la radio locale, elle m’a proposé de l’accompagner. Au 1
er match je ne savais même pas quelles étaient les couleurs du club. Au 2ème match auquel j’ai assisté, je chantais déjà ! Nous n’étions que 2 à pousser de la voix mais ça nous défoulait, nous nous amusions bien ! » Natacha donne son avis sur une équipe de hockey mixte à haut niveau : « Je pense que la force physique pourrait poser problème sur certains postes très engagés dans le contact. Mais au niveau technique et tactique, je suis sûre que les femmes ont tout à fait leur place dans le hockey de haut niveau si tant est qu’on leur accorde la même formation que les hommes. » La Caennaise a déjà vu plusieurs matchs de hockey féminin et nous donne son ressenti : « C’était plus lent que chez les hommes, mais les femmes ont la même combativité. Je n’irais pas forcément tous les jours voir du hockey exclusivement féminin, mais en tournoi ou en exhibition, c’est plaisant. » Elle nous donne à présent son point de vue sur la place de la femme dans le monde du hockey : « Les femmes supportrices sont bien intégrées, c’est un fait puisque je connais plusieurs sont responsables de groupe de supporters mixtes. Par contre dans les comités de direction de club, elles sont très ou trop rares. On a des idées, dommage qu’on ne soit pas plus écoutées / entendues. La place de la hockeyeuse est peut-être en voie d’évolution mais j’ai l’impression qu’on en parle plus qu’on agit. Caen a eu une très bonne équipe dans les années 90, mais depuis il est bien difficile de trouver une vingtaine de femmes pouvant évoluer dans la même catégorie en simultané. »

Natacha Martin

Nathalie Herber : « Le hockey étant déjà peu médiatisé alors le hockey féminin, n’en parlons pas. »
Elle soutient les Jokers de Cergy Pontoise depuis 9 ans maintenant. Elle a découvert le hockey étant très jeune, et ce grâce à un ami qui lui pratiquait ce sport. Nathalie nous donne son avis sur les équipes mixtes de hockey à haut niveau : « Je ne trouve pas dommage qu’en France, il n’y ait pas d’équipes mixtes autre que les équipes loisirs, dans la mesure ou les règles des féminines ne sont pas les mêmes que les hommes, je parle des charges, je trouve cela normal qu’il n’y est pas d’équipe mixte, toutefois, je trouve dommage que les règles ne soient pas identiques. Nathalie a déjà vu des matchs de hockey féminin et trouve dommage qu’il n’y ait pas de charges : « Je trouve bien-sûr cela moins rapide que le masculin, mais c’est très agréable à regarder, certaines femmes sont techniquement plus forte que des hommes. » Pour conclure, elle nous donne son avis sur la place qu’occupe la femme dans le monde du hockey : « Elle est minoritaire, comme la plupart des sports en général. Le hockey étant déjà peu médiatisé alors le hockey féminin, n’en parlons pas. »

Nathalie Herber

Nathalie Rolhion : «Il faut un peu se défendre en tant que supportrice. »
Nathalie suit les Sangliers Arvernes de Clermont Ferrand depuis 1995 : « J’ai découvert le hockey complètement par hasard à l’âge de 14 ans. Mon père avait gagné 2 places pour le match Clermont-Nantes du samedi 14 janvier 1995. Cela a été un énorme coup de cœur pour moi. Du coup, j’ai tout fait pour qu’on retourne voir un autre match, puis un autre, puis un autre… En arrivant en seconde, j’étais dans le même lycée que le gardien de l’équipe junior et après à la fac, j’étais sur le même campus que plusieurs joueurs de l’équipe une avec qui j’ai sympathisé… du coup, grâce à eux, j’ai pu un peu plus connaître l’envers de ce sport. Depuis des années, mes weekends de septembre à avril sont rythmés par les matchs et je déteste toujours les intersaisons !!! C’est assez rigolo, car même si je ne joue absolument pas au hockey, je peux vraiment dire que le hockey fait vraiment partie de ma vie…» Elle nous donne son point de vue sur la place de la femme dans le monde du hockey : « En tant que supportrice, je pense que ma place dans les gradins est équivalente à celle d’un homme, mes encouragements portent comme ceux d’un homme. Par contre, je subis pour sur plus de railleries dans les patinoires adverses qu’un supporter homme. Je pense que comme dans beaucoup de sports, il faut un peu se défendre en tant que supportrice pour montrer que l’on aime ce sport et que l’on n’est pas là pour les joueurs et que « oui, je sais reconnaitre les différents signes des arbitres pour indiquer les différentes pénalités !» et « oui, je regarde les tactiques des équipes ». J’entends aussi des remarques machistes si on est arbitré par une femme,
et ce de la part des supporters comme des joueurs. Je rêve du jour où un grand club de hockey sera dirigé ou entraîné par une femme… Pour les joueurs de Clermont, même si j’ai dû m’absenter à l’étranger pendant 6 ans et suis désormais à Paris, ils savent qu’ils peuvent compter sur moi sur un certain nombre de déplacements dans l’année, et je suis un peu une confidente pour certains, celle à qui ils envoient un texto quand ils ont un petit coup de moins bien ou qu’ils ont une info à partager sur le club, et ça je pense qu’ils le font car je suis une femme et je suis là un peu comme une grande sœur… »

Océane Fantin : « La femme a bien sa place de supportrice à la patinoire. »
La jeune fille suit les Brûleurs de Loups, depuis plus de 10 ans. La patinoire est un endroit qu’elle connaît bien puisque le restaurant de l’enceinte sportive est tenu par son oncle est sa tante donc elle a grandi avec le hockey. Pour la jeune fille, « la femme a bien sa place de supportrice à la patinoire.»

Anaïs Riu : « Au hockey, il existe beaucoup moins d’équipes féminines ».
Anaïs suit le hockey sur glace depuis son plus jeune âge. Sa mère, grâce à qui elle a découvert le hockey est suédoise, pays où ce sport est dit sport national là-bas. La jeune femme suit de nombreuses équipes, que ce soit en NHL, SHL, mais aussi des équipes Françaises : «  Je soutiens particulièrement le RHE (Rouen Hockey Elite, NDLR) car c’est le club de ma ville. J’ai également suivi auparavant Grenoble et le HCMP (Val Vanoise, NDLR) pour mon copain qui joue là-bas. La Rouennaise a déjà vu un match de hockey féminin et trouve que c’est très différent d’un match de hockey masculin :
il y a moins d’intensité et ça joue moins physique mais c’est tout aussi plaisant. » La jeune femme termine : « Je soutiens à fond le hockey féminin ! ». Anaïs nous donne son point de vue si des équipes mixtes évoluaient à haut niveau mais également celui sur la place des femmes dans le monde du hockey : « Je pense qu’à haut niveau il serait très compliqué de jouer en équipes mixtes. Le jeu, les capacités et les règles des hommes et des femmes sont très différentes qu’on le veuille ou non. Je trouve qu’il devrait y en avoir plus en loisir qu’il en existe déjà, mais à haut niveau je ne pense pas que cela puisse fonctionner. En ce qui concerne la place de la femme dans le monde du hockey, elle n’est pas égale à celle de l’homme ce qui est fort dommage. Il existe beaucoup moins d’équipes féminines et elles sont bien moins médiatisées. Après pour ce qui est des femmes qui ne pratiquent pas le sport tout cela dépend de ce qu’elles souhaitent : rester discrètes et extérieures au sport ou bien au contraire s’investir le plus possible. »

Audrey Mosca-Dina : « Nous jouons le palet. »
La jeune grenobloise a découvert le hockey à l’âge de 3 ans grâce à sa mère, qui était supportrice et joueuse à l’époque, et à son grand-père qui la faisait rentrer à l’intérieur de l’enceinte sportive. Audrey a déjà vu plusieurs matchs de hockey féminin, dont l’équipe de France, où elle précise même qu’ « 
il y a un très bon niveau! Le niveau augmente mais malheureusement, je ne pense pas qu’il sera à la hauteur des garçons, après qui sais, dans les années à venir peut-être qu’hommes et femmes seront sur un pied d’égalité ». La jeune femme nous donne à présent son point de vue sur la place qu’occupe la femme dans le monde du hockey : « La femme a sa place dans le hockey. Contrairement aux garçons, nous n’avons pas le droit de mettre de charges et nous jouons le palet. »

Audrey Mosca-Dina

Chloé Fischer : « Le talent ne dépend pas du sexe de la personne. »
La jeune femme suis le Lausanne Hockey Club depuis l’âge de 5 ans. Elle a découvert le hockey grâce à son père, qui l’a emmené voir son premier match à cet âge-ci à la patinoire de Malley à Lausanne. Chloé trouve dommage le fait qu’il n’y ait pas d’équipes mixtes à haut niveau : « Je pense qu’avec le travail nécessaire, une fille peut très bien jouer au même niveau que les hommes. » La Suissesse a déjà vu des matchs de hockey féminin du fait qu’elle joue elle-même au hockey. « J’ai eu l’occasion d’en voir à plusieurs niveaux différents. Néanmoins, il y a quelques règles qui changent comme par exemple l’interdiction pour les joueuses de donner des charges… C’est dommage, je trouve que l’on devrait jouer avec les mêmes règles que les hommes. Sinon, dans l’ensemble, le hockey féminin et masculin est relativement la même chose. Et c’est tout aussi passionnant et intéressant! » La jeune femme continue : « Je vous invite à aller voir un match de hockey féminin, cela vaut le coup ! » Chloé nous donne ses impressions à propos de la question sur la place qu’occupe la femme dans le monde du hockey : « La femme a selon moi la même place que l’homme dans ce sport. Elle travaille tout aussi dur voir même parfois plus dur à cause de ces a priori. Elle peut jouer tout aussi bien car le talent ne dépend pas du sexe de la personne mais de sa motivation, de son amour et de sa passion pour le hockey sur glace. »

Chloé Fischer

Grâce Lewandowski : « les gens continuent de rester sur les stéréotypes de la femme. » La jeune fille a commencé à suivre l’équipe des Renards Roannais il y a maintenant 5 ans. Elle a découvert le hockey grâce à un ami, et au fur et à mesure d’assister aux matchs, elle a pris goût à encourager son équipe. La jeune fille ne loupe aucun match du club qui évolue en division 2. Selon Grâce, son point de vue « ne serait pas positif » sur l’idée de créer une équipe de hockey mixte qui évoluerait à haut niveau : « mélanger les hommes et les femmes ensemble impliquerait des inconvénients comme par exemple tout simplement rien qu’au niveau de force ». Pour la jeune fille qui a déjà vu un match de hockey féminin à la télévision, « les filles se battent de la même manière que les hommes, elles ne lâchent pas le palet et oui elle se poussent entre elles, le jeu est identique à celui des hommes. Je trouve cela dommage que les gens continuent de rester sur les stéréotypes de la femme, la femme à tout à fait sa place dans ce milieu et mérite tout autant la reconnaissance et l’importance, que l’on donne déjà aux hommes. »

Grâce Lewandowski

Gwenola Personne : « Les matches internationaux féminins de très haut-niveau n’ont rien à envier au niveau masculin. »
Elle est supportrice des Jokers de Cergy-Pontoise de longue date, depuis 1985, alors qu’ils étaient à l’époque en D3. Elle a découvert le hockey grâce à son frère. Selon elle, « il pourrait y avoir des équipes mixtes à haut-niveau du point de vue règlement, le hockey est mixte. Cependant, à haut-niveau, la dimension physique comme le poids, la puissance de patinage, la puissance de tirs, la vitesse, sans oublier la robustesse est trop importante et cela devient extrêmement difficile pour une femme de rivaliser avec les hommes.» Pour Gwenola, « Les matches internationaux féminins de très haut-niveau n’ont rien à envier au niveau masculin, hormis la dimension physique ».

Gwenola Personne

Jennifer Collet : « La femme peut changer ces préjugés. »
Jennifer suit les Dragons de Rouen depuis maintenant 3 saisons. « J’entendais souvent parler du hockey sur glace, j’en regardais un peu à la télé et un jour. Pour mon anniversaire, mon mari m’a payé une place pour la demi-finale pour la continental cup à Rouen. J’ai tout de suite aimé l’ambiance dans les tribunes, entendre le bruit des patins sur la glace. C’est donc de cette manière que j’ai fait la rencontre de ce sport passionnant ! », nous raconte la jeune Rouennaise. Selon la jeune femme, le fait qu’il n’y ai pas d’équipe mixte à haut niveau est « dommage car les hommes et les femmes sont complémentaires. ». Jennifer se livre sur son point de vu concernant la place de la femme dans le monde du hockey : « Le monde du hockey, pour moi, est un sport où la femme doit se battre pour s’imposer. Pour beaucoup, le hockey se réfère à un sport viril et brut. La femme peut changer ces préjugés. »

Jennifer Collet

Léa Pizon : « La femme a le droit d’aimer ce sport masculin autant que les hommes, et vivre pleinement sa passion sans jugement. »
La jeune fille supporte le Hogly de la Roche sur Yon depuis maintenant 5 ans. La jeune fille a grandi avec le hockey : « Le hockey sur glace est le sport de la famille, je suis née dedans. Mon père est un ancien joueur pro et entraîneur, les autres membres de ma famille pratiquent également ce sport depuis toujours. » Léa trouve dommage qu’il n’y ait pas d’équipe de hockey mixte à haut niveau : « C’est dommage, mais il faut être réaliste : il y a quand même une différence d’intensité et de rapidité de jeu qui est différente entre les femmes et les hommes. Les femmes seraient, malgré tous les efforts possibles d’intégration, misent légèrement à l’écart de l’équipe ou sous-estimées. Cela me paraît difficile de composer avec les différences de capacités; même si cela peut aussi être une force ou un avantage. » Pour avoir déjà vu des matchs de hockey sur glace féminins, la jeune fille nous en fait une description : « La discipline est la même c’est juste que l’intensité du jeu et la rapidité est moins importante. Puis il y a moins de contacts physique, moins impressionnant que pour les hommes. Mais le hockey féminin ne dénature pas le hockey et conserve l’image de ce sport autant que les hommes. » Pour conclure, Léa nous donne son point de vue sur la place qu’occupe la femme dans le monde du hockey : « La femme a entièrement sa place dans le monde du hockey, que ça soit en tant que joueuse, supportrice ou membre de la famille. Le hockey est une passion partagée autant par les hommes que les femmes, c’est quelque chose qu’on ne contrôle pas et la femme a le droit d’aimer ce sport masculin autant que les hommes, et vivre pleinement sa passion sans jugement des autres car on ne juge pas une passion. »

Lucie Berthon : « J’ai trouvé cela très intéressant et plus « beau » que les matchs masculins. »
La jeune femme est novice dans le monde du hockey, puisqu’elle supporte les Brûleurs de Loups depuis novembre 2016. Le hockey, une sortie professionnelle : « J’ai découvert le hockey par hasard, le CE de ma société nous avais organisé une soirée à un match. La semaine d’après j’ai emmené mon fils de 9 ans… et depuis, nous n’avons raté aucun match ! » Le hockey féminin, Lucie a pu le voir à la télévision, pendant les JO. « J’ai trouvé cela très intéressant et plus « beau » que les matchs masculins. » La jeune femme raconte également avoir été surprise positivement du nombre de supportrices dans les travées de la patinoire Grenobloise.

Lucile Catillon : « La femme a bien trouvé sa place dans ce sport. »
La jeune femme suis les Phénix de Reims, depuis septembre 2015. Elle a découvert ce sport grâce à son meilleur ami : « Lui l’a découvert bien avant moi, en 2012. Il m’en a beaucoup parlé et un jour m’a emmené voir un match et depuis… je suis fan ! » « Bien que fervente défenseure de l’égalité entre les hommes et les femmes, il est nécessaire de noter que les capacités physiques sont différentes d’un homme à une femme. Je trouve juste dommage qu’on ne parle pas assez du sport féminin comparativement au sport masculin quel que soit le sport. » Pour Lucile, ce n’est donc pas un problème s’ il n’existe pas d’équipe à haut niveau où femmes et hommes sont mélangés. Lucile n’a pas pu voir de match de hockey féminin : « Je devais y aller mais un imprévu assez important m’a forcé à annuler cet événement. Je compte bien me rattraper et aller en voir un bientôt ! » Pour terminer, la jeune femme nous donne son point de vue sur la place de la femme dans le monde du hockey : « Je trouve que la femme a bien trouvé sa place dans ce sport que ça soit en tant que joueuse, supportrice, famille, bénévole ou membre du staff. Je pense que c’est un des sports dit « masculin » à avoir le plus de femmes derrière lui peu importe le poste. »

Malory Rickly : « Je suis heureuse de voir des femmes et supportrices. »
Malory soutient le Lausanne Hockey Club depuis petite : « cependant, la première fois que j’ai été voir un match c’était il y a quelques années , je pense 4 voire 5 ans. » Pour la jeune Suissesse, il ne serait pas envisageable de créer une équipe mixte à haut niveau « car il y a d’autres « règles » dans le hockey féminin Suisse. Cela risque donc de créer beaucoup de tensions. Néanmoins, même s’il n’y a pas de contact, le hockey féminin reste très beau visuellement ! » La jeune fille termine en disant : « Ce n’est pas parce que c’est une femme qu’elle n’a pas le droit de pratiquer ou de regarder ce sport. Je suis heureuse de voir des femmes et supportrices ! »

Malory Rickly

Marine Delon : « Le hockey est un sport qui se féminise de plus en plus. »
La jeune femme supporte les Rapaces de Gap depuis bientôt 9 ans. « Mon père était aller voir la finale où Gap y avait participé. Suite à ce match, il a directement accroché et nous sommes devenus supporters. » Depuis, le hockey pour la jeune fille est devenu plus qu’une passion : un mode de vie. Marine a déjà vu des matchs de l’équipe de France féminine : « je trouve que même si ce sont des filles, il y a un très bon niveau avec beaucoup de vitesse et un très bon esprit d’équipe. » Pour conclure, la jeune Gapençaise nous donne son avis sur la place de la femme dans le monde du hockey : « Je pense que la femme a sa place dans le monde du hockey, mais dans certaines équipes sont privilégiés les garçons, ce qui est assez triste car une femme certes n’a pas les mêmes capacités physiques qu’un homme mais peut autant bien se débrouiller. Le hockey est un sport qui se féminise de plus en plus et c’est très bien, suite au titre de championnes du monde pour les seniors femmes je pense que de nombreuses petites filles prendront leurs licences, et je les y encourage ! »

Tiphaine Hautereau : « Les filles ont tendance à jouer plus tactique que les garçons. »
Tiphaine suit l’équipe de hockey sur glace des Jokers de Cergy-Pontoise depuis 13 ans, sport qu’elle a découvert grâce à son frère qui a commencé le hockey 3 ans avant elle. La jeune femme trouve dommage le fait qu’il n’y ait pas d’équipe mixte de hockey à haut niveau « Certaines filles pourraient apporter des choses à une équipe masculine, et inversement. Après, il faut dire que les filles et les garçons n’ont pas le même style de jeu : les filles ont tendance à jouer plus tactique que les garçons. Surtout dans les catégories mineurs, U15, U18 où les garçons ont tendance à vouloir jouer surtout physique. »

Vanessa Maurel : « Le machisme des hommes nuit à la croissance du hockey féminin. »
La jeune femme suit les Diables Rouges de Briançon depuis maintenant 15 ans, ainsi que les Aigles de Nice depuis 4 ans. La jeune femme a découvert ce sport grâce à son père : « Il a fait du hockey quand il était jeune, et m’amenait voir les matchs dès mon plus jeune âge. Je ne m’y intéressais pas trop jusqu’à mes 14 ans, quand j’ai fait connaissance de ma meilleure amie qui elle était fan de hockey et qui m’a fait redécouvrir ce sport et qui m’en a fait devenir fan à mon tour. » Les matchs de hockey féminin, Vanessa apprécie les regarder : « Je trouve cela tout autant bien à suivre. Il y a certes moins de contacts, mais les filles sont très techniques et rapides. Ce n’est pas aussi lent que ce qu’on pourrait imaginer, et en plus c’est un meilleur esprit, plus amical. » Pour finir, elle nous donne son point de vue sur la place de la femme dans le monde du hockey : « Je pense qu’il y a encore beaucoup de boulot à faire, mais plus du côté des hommes. Les femmes ont largement leur place dans le monde du hockey, elles le veulent et ont toutes les qualités pour évoluer. Mais le machisme des hommes nuit à la croissance du hockey féminin. »


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http://francehockey.fr/2018/07/04/la-place-de-la-femme-dans-le-monde-du-hockey-sur-glace-les-compagnes-des-joueurs/

http://francehockey.fr/2018/07/12/hockey-la-place-de-la-femme-dans-le-monde-du-hockey-sur-glace-les-joueuses/

http://francehockey.fr/2018/07/29/hockey-la-place-de-la-femme-dans-le-monde-du-hockey-les-familles/

 





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