Hockey – NHL – Il était une fois… JACQUES PLANTE

Découvrez ou redécouvrez les joueurs qui ont fait l’histoire de notre sport à travers cette série d’articles sur les légendes de la NHL.

Et dire qu’il est devenu gardien à cause de problèmes d’asthme qui l’ont empêché de patiner trop longtemps…. Intronisé au temple de la renommée, et toujours, aujourd’hui, considéré comme le “père spirituel de tous les gardiens de hockey”…

Il était une fois.. JACQUES PLANTE.

Né en 1929 au Québec, Jacques Plante commence le hockey à l’âge de 5 ans avec une simple balle et une crosse en bois taillée par son père. 13 ans plus tard, en novembre 1952, Plante dispute son premier match NHL. Et comme lors de tous ses matchs en ligue junior, Plante jouera avec un bonnet, qu’il a cousu lui même, comme lui avait appris sa mère.

Au cours de cette première saison, il jouera seulement 3 matchs de saison régulière et 4 en play-off. Malgré le faible nombre de matchs joués, Plante remporte sa première coupe Stanley.

En 1955, Plante entame sa 4ème saison en NHL après trois échecs en play-off. Mais cette saison 1955-1956 marque le début de l’une des plus belles dynasties de l’histoire du Hockey…

Pendant 5 années, Jacques Plante, accompagné de Maurice Richard et Jean Béliveau, formeront une franchise quasi-imbattable. En 5 ans, ce sont 5 coupes Stanley qui vont être soulevées par les Canadiens, et tout ça avec seulement 5 défaites sur ces 5 finales dont une mémorable face aux voisin Toronto. Grand artisan de cette série de victoires, Plante amasse 5 trophées Vézina.

Malgré sa participation à l’une des plus belles séries de victoire de l’histoire, le nom de  Plante va marquer le Hockey à tout jamais grâce à ses innovations.

Car en plus d’avoir été le premier à patiner derrière sa cage et à avoir lever le bras pour signaler un dégagement interdit à ses partenaires, Plante est connu et reconnu comme le premier à avoir porté un masque. (Bien que cela ait déjà été le cas en 1930, époque à laquelle Clint Benedict, portier des Maroons de Montréal, utilisa un masque en cuir suite à une fracture du nez)

Alors qu’en 1956, le port d’un masque pour se protéger le visage n’est pas toléré au hockey. C’est suite à une opération des sinus que Plante va porter, à l’entrainement, un masque de protection. Mais son entraîneur Hector Blake, lui interdit pour les rencontres officielles. Cependant, Plante continuera à dessiner et créer ses masques lui-même.

C’est en 1958 que Plante va faire une rencontre déterminante pour la suite de son histoire avec la protection faciale.

Un ancien joueur de Hockey, travaillant à ce moment-là dans une entreprise spécialisée dans la fibre a écrit une lettre à Plante en lui indiquant qu’un masque en fibre serait plus léger et moins gênant à porter. C’est donc au cours de l’été 1959, que Jacques Plante va faire un moule de son visage et que Bil Burchmore lui fabrique une masque ultra léger, de quelques millimètres d’épaisseur et aussi solide que l’acier.

Malgré tout, l’entraîneur de Plante, Toe Blake, reste dubitatif et déconseille au gardien du Canadiens de porter ce masque: « L’idée n’est pas mauvaise, Jacques, mais je te conseille de ne le garder que pour l’entraînement. Si tu commences la saison avec un masque et que tu n’arrêtes pas quelques lancers qui auraient pu sembler faciles à bloquer, les partisans vont te huer et ils vont rendre ton masque responsable de tes déboires. »

C’est donc sans que Jacques Plante débute la nouvelle saison.

D’abord autorisé à le porter qu’à l’entraînement, c’est donc un soir de novembre 1959 que Plante va faire d’une simple rencontre de saison régulière un grand moment d’histoire. Et quoi de mieux pour cela que le légendaire Madison Square Garden de New York. Le 1er Novembre 1959, Jacques Plante reçoit un tir au visage. Gravement blessé, le québécois reçoit plusieurs points de suture et refuse de retourner sur la glace sans son masque. Bien qu’il soit contre, l’entraîneur des Canadiens n’avait pas le choix car à cette époque les franchises ne possédaient pas de gardien remplaçant. Il laisse donc Jacques Plante reprendre le match, à l’unique condition qu’il abandonne sa protection une fois ses blessures guéries.

(Photo By: Charles Hoff/NY Daily News via Getty Images)

Évidemment, ce ne sera pas le cas et ce moment changera définitivement l’histoire de ce sport.

En plus de sa vocation première de protection, ce masque va intimider les adversaires de Montréal puisqu’après ce soir historique, les Canadiens vont enchaîner 18 victoires consécutives et Plante, soucieux de prouver que son masque n’est pas gênant, va être quasiment infranchissable. (13 buts en 11 matchs)

Une fois le port du masque popularisé par cette série de victoires, Jacques s’associe avec Burchmore et produit son équipement de protection pour tous les gardiens d’Amérique du Nord.

Avec cette réussite sportive et convictionnelle, Plante est au sommet de sa carrière. Et c’est après quasiment 600 matchs avec les Canadiens de Montréal, un trophée Hart, 6 trophées Vézina, et 6 coupes Stanley que Jacques Plante va quitter la franchise Canadienne.

Après l’annonce de la retraite de Maurice Richard, et suite aux mauvaises relations entre Plante et la direction de Montréal qui juge le portier comme un joueur au caractère difficile, les Canadiens de Montréal décident d’échanger leur gardien à New York. Affecté par cet échange et gêné par un genou souvent blessé, Plante ne parvient pas à retrouver le niveau de ses belles saisons montréalaises.. Après deux saisons sous le maillot des Rangers sans disputer les play-offs, Plante annonce sa retraite sportive..

Mais quelques années plus tard, en 1968, une nouvelle franchise arrive en NHL, les Blues de Saint-Louis qui lui donnent la chance de revenir en NHL. Cette année-là, Jacques Plante effectue un retour tonitruant et remporte une fois de plus le trophé Vézina.  » Je sens que l’on me voulait ici, et quand je me sens désiré, je me sens bien. » Après des Play-offs réussis, les Blues de St Louis tombent durement en finale, 4-0 contre les anciens coéquipiers de Plante, les Canadiens de Montréal.

La saison suivante, Plante continue d’impressionner et amène de nouveau les Blues en finale, cette fois-ci battus par Boston. À 42 ans, Plante ne se voit plus arrêter.. et est échangé à Toronto où il enchaîne deux saisons de haut niveau.

C’est finalement à Boston que Plante va finir sa carrière de joueur en participant une nouvelle fois aux play-offs.

Après un court passage en tant qu’entraineur des Nordiques, Jacques Plante part s’installer en Suisse, pays d’origine de sa femme. Il y installe une école de gardien et coach au HC Sierre.

C’est malheureusement le 27 février 1986 que Plante, rattrapé par la maladie, rejoint les étoiles. Ce jour-là, le monde du hockey a perdu l’un de ses plus grands pionniers, celui qui restera comme un modèle pour les gardiens de toutes les générations.. Son influence, encore très présente dans le hockey moderne, démontre que le 27 février 1986, ce sport n’a pas seulement perdu qu’un grand joueur de hockey, mais surtout un grand homme..

 

 

Auteur: Lucas BAUDOIN.       Sources: notrehistoire.canadiens.com , www.nhl.com , fr.wikipedia.org , www.hockey-reference.com





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