Hockey – La place de la femme dans le monde du hockey sur glace – les joueuses.

Le hockey féminin est nettement moins connu et regardé que le hockey masculin. C’est pourquoi nous avons choisi de donner la parole aux pratiquantes de ce sport, pour qu’elles nous donnent leur ressenti en tant que femmes qui pratiquent un sport jugé être « masculin » par la société. Elles sont Françaises, Belges, Suisses ou encore Canadiennes et ont accepté de se livrer pour nous raconter leur quotidien.

Stéphanie Bouguerra : « Les joueuses féminines sont rarement privilégiées. » Dit cette jeune joueuse de 27 ans, qui est attaquante à Nantes depuis maintenant 10 ans, et le fait comprendre : « Je me sens réellement bien dans mon élément, c’est clairement le sport qui me correspond. Pourtant, j’en ai fait beaucoup d’autres, mais le hockey est celui dans lequel je m’épanouis le plus. » Les sports de glisse, Stéphanie s’y connait : la jeune Nantaise a commencé à patiner à l’âge de 2 ans et demi, où elle a d’abord fait du patin à roulettes, puis du roller, ensuite du patinage artistique et pour terminer, du hockey. La vitesse et l’esprit d’équipe, Stéphanie adore cela. C’est pourquoi elle a décidé de pratiquer le hockey : « Axel Becouze a été mon premier coach. À l’époque, il était le second gardien de l’équipe pro. Il m’a poussé à sauter le pas et à m’inscrire : je ne le remercierais jamais assez. » La jeune Nantaise ne pense pas qu’un jour, le hockey féminin sera un jour autant mis en valeur que le masculin, et pour cause : « Le hockey féminin a un gros problème au niveau de la promotion et de la communication de la catégorie, contrairement au hockey masculin qui lui est en plein développement : lui continue d’évoluer, et nous, nous restons bloquées, ça ne peut pas décoller. Quand on sait que les joueurs sont rémunérés, selon l’investissement, pour un travail qui est identique au nôtre, ça laisse à désirer. Comment voulez-vous que la femme puisse vivre de sa passion comme certains joueurs de D1 ou encore de Synerglace Ligue Magnus ? En plus de ne pas être payées, nous devons nous même payer nos licences et cotisations. Ce qui n’est pas non plus le cas pour les joueurs, selon le niveau où ils évoluent. Pour ma part, lorsque j’étais en sport études et que je m’entraînais avec les cadets/juniors, j’avais jusqu’à deux entraînements par jours. Et évidemment que je n’étais pas payée, malgré l’investissement. Néanmoins, certaines personnes s’investissent beaucoup pour promouvoir le hockey féminin, mais cela reste encore minorisé par rapport à la promotion du hockey masculin. De plus, s’ajoutent les mœurs qui ne sont pas encore assez évoluées dans le monde en général pour que la femme ait enfin sa place dans un sport qualifié comme étant un sport masculin. » Stéphanie, qui est joueuse, pense que la femme n’a pas sa place dans le monde du hockey : « Il y a beaucoup trop de différences entre hockeyeuses et hockeyeurs, encore aujourd’hui : interdiction du contact, défense de porter une demie visière, réglementations différentes selon les âges et les licences… tout ceci montre clairement que la femme n’est pas intégrée, car elle n’est pas jugée égale à l’homme, situation qui est regrettable, et ce sur tous les points où il n’y a pas de parité entre les sexes, alors que nous sommes au XXIe siècle. Du moment que nous jouons dans notre coin, sans rien demander aux clubs, là tout va bien, il n’y a pas de soucis, mais les féminines sont rarement privilégiées, voire même traitées inégalement par rapport autres catégories. »

Stéphanie Bouguerra

Julie Bayiot : « Je ne vois pas pourquoi une fille ne pourrait pas pratiquer le hockey sur glace. »
Cette jeune joueuse âgée de 15 ans pratique le hockey depuis bientôt 6 ans. Selon Julie, la société trouve que le hockey est un sport masculin, mais ce n’est pas pour autant que la demoiselle a eu du mal à s’intégrer dans une équipe : « Dans mon club à Châlons-en-Champagne, on retrouve souvent des filles dans les équipes mixtes, ce qui a sans doute facilité mon intégration. Il faut dire que nous avons aussi des équipes complètement féminines, mais celles-ci restent encore peu nombreuses dues au manque d’effectif féminin. » La jeune fille a découvert ce sport grâce à son père, qui a lui aussi pratiqué cette discipline étant plus jeune, sur une durée d’un an. Son premier essai, elle l’a fait avec des amis « ils étaient dans ma classe à l’époque, et m’ont gentiment proposé d’essayer ce sport, ce qui m’a directement plu. » C’est donc pourquoi elle a décidé de pratiquer ce sport : « Je cherchais un sport d’équipe avec du contact, et avant tout, j’adorais aller à la patinoire pour pouvoir patiner, ce qui m’a forcément confortée dans mes choix. » Julie voit les choses en grand : « Mon rêve, c’est de faire partie de l’équipe de France féminine senior, mais pour le moment j’ai déjà fait des stages en U15 et U18 en équipe de France. » Selon la jeune joueuse, le hockey féminin pourrait dans quelques années égaliser le hockey masculin : « Ces dernières années, beaucoup de filles se sont mises à jouer au hockey, et c’est vraiment très appréciable. »

Julie Bayiot

Fantine Blanchard : « Le fait de pratiquer un sport étant trop masculin aux yeux de certains me forge mon caractère »
Cette jeune fille de 15 ans a pratiqué le hockey à Briançon : le hockey sur glace chez les Diables Rouges, et le roller-hockey dans l’équipe des Bûcherons. Elle pratique ce sport depuis qu’elle est âgée de 3 ans, et cela lui fait du bien : « Je me sens libérée, je ne pense plus à rien et le fait de pratiquer un sport étant trop masculin aux yeux de certains me forge mon caractère. » Pour la famille Blanchard, le hockey est un sport de famille : « Le hockey chez nous, c’est un sport de génération en génération : mon grand père le pratiquait, mon père en faisait aussi et mes frères également. C’est d’ailleurs le fait de voir mes frères faire du hockey qui m’a donné le goût pour ce sport, qui reste tout de même un sport masculin », selon la sœur de 4 garçons hockeyeurs. Elle poursuit en disant que : « La place de la femme dans le monde du hockey est très importante, que ce soit en tant que joueuses, compagnes de joueurs, membres de familles des joueurs, car chacune apporte ce dont les joueurs ont besoin, et notamment du soutien. »

Fantine Blanchard

Gaëlle Blanquet : « Depuis que je joue avec les hockeyeurs, le respect s’est installé et je suis considérée comme membre de l’équipe comme les autres : sans différences. »
Cette jeune Bordelaise de 37 ans joue au hockey depuis 1997. En 2002, elle a décidé de se placer devant les cages pour devenir gardienne, ce qu’elle fait encore aujourd’hui. Gaëlle a découvert le hockey par l’intermédiaire d’un autre sport : « J’ai découvert ce sport grâce à ma professeure de danse, qui avait son fils qui jouait au hockey. On nous a même demandé de  faire une démonstration de danse pendant la pause d’un match, et ensuite nous avons fait pom-pom-girls. Au fur et à mesure des matchs, j’appréciais de plus en plus ce sport, j’ai même fait la connaissance de certains supporters. J’y ai donc connu en même temps la dirigeante des joueuses de l’équipe féminine, qui m’a gentiment invitée à voir un match. C’est donc là que tout a commencé. » Depuis que Gaëlle a commencé la pratique du hockey, elle trouve que : « Le hockey féminin a été mis en valeur, il y a eu des progrès. Malheureusement, on ne peut pas trop en demander. Ceci dit, la place de la femme dans le monde du hockey a elle aussi évolué depuis quelques années car avant, cela n’était pas facile du tout d’être une femme qui pratiquait ce sport « d’homme viril », sport qui était également très macho. »

Gaëlle Blanquet

Chloé Fischer : « Je me suis tout de suite très bien intégrée à mon équipe masculine »
Cette jeune Suissesse de 22 ans joue actuellement pour le HC Nyon III en championnat de corporation homme, où elle est au poste de gardienne titulaire. « Je fais également les entraînements en matchs amicaux avec le HC Forward Morges féminin, pour espérer, dans l’avenir, intégrer pour la première fois de ma vie un championnat de ligue. » Cela fait maintenant 4 ans que Chloé pratique ce sport, où le fait de faire partie d’une équipe masculine ne change strictement rien pour elle : « Je joue et je pense avec le même cœur, et la même passion qu’un homme. Je donne toujours le meilleur de moi-même et en général, les gars sont plutôt contents de moi. Je me suis tout de suite très bien intégrée à mon équipe masculine et ils ont tout fait pour cela. Je dois avouer que je ne vois aucune différence : pour moi, tous les sports sont unisexes du moment que nous avons la passion et l’amour du sport en question. » La Tolochinoise a découvert le hockey grâce à son père qui a disparu il y a maintenant 8 ans : « Il était fan de hockey, et ce depuis son enfance. Dès mes 5 ans, il m’a emmené voir un match, et je suis directement devenue fan et accro à ce sport. C’était devenu notre rituel, nous allions toujours voir les matchs ensemble. C’est aussi grâce à lui que je sais patiner. Le hockey, j’ai d’ailleurs toujours voulu le pratiquer, mais ma mère en avait décidé autrement, car selon elle j’étais bien assez casse-cou comme ça pour en rajouter (rires) et elle avait peur que je me blesse. Alors à l’âge de 18 ans, je lui ai dit que je commençais le hockey. Au début, elle n’était pas très rassurée, mais c’est quand même elle qui m’a offert mon premier équipement et aujourd’hui, elle est ma plus grande fan ! » Non seulement père et fille avaient la même passion, mais en plus la même idole : « Étant petite et encore maintenant, j’ai toujours la même idole, qui était aussi celle de mon père, il s’agit de Cristobal Huet : il reste et restera mon modèle, mon exemple et le joueur qui a le plus marqué ma culture du hockey. » Chloé espère que le hockey féminin sera mis en valeur, au même niveau que le masculin : « Même si on avance doucement, je pense malheureusement que trop peu de gens s’intéressent au hockey féminin comme ils s’intéressent au hockey masculin, et de ce fait, nous devrions plus en parler et le promouvoir, pourquoi pas en créant des événements ou documentaires à ce sujet. » Chloé nous donne son avis, elle aussi sur la place qu’occupe la femme dans le monde du hockey : « Je pense que la femme a la même place que l’homme dans ce sport. Je ne pense pas que pratiquer le hockey ou non joue sur le sexe de la personne. Je pense que ça se joue sur la passion et l’amour que portent les pratiquants à ce sport. »

Chloé Fischer

Léa Pizon : « Pratiquer ce sport me rend forte et solide, autant physiquement que mentalement. » nous dit cette joueuse en loisir à La Roche/Yon qui a commencé la pratique il y a 10 ans, mais a repris il y a un an : « Pratiquer ce sport est un réel besoin personnel, il me rend forte et solide, autant physiquement que mentalement. Pour moi, le hockey peut aider la femme à s’intégrer et à s’imposer dans la société, car il forge un certain caractère. Personnellement, il m’aide à me défouler, car j’ai tendance à être impulsive, ça me permet de me vider la tête et me fait un bien fou. » Le hockey, c’est tout un sport familial dans la famille de Léa : « Mon père (Laurent Pizon, NDLR) est un ancien joueur professionnel, et pareil pour mon frère (Alexandre Pizon, NDLR), qui pratique le hockey à La Roche/Yon. » La jeune femme ne pense pas qu’un jour, le hockey féminin n’égalera pas le masculin : « On n’enlèvera pas la masculinité de ce sport. Le hockey sera toujours, je pense, principalement masculin. Le hockey de haut niveau a une image intense, impulsive, physique et rapide, des critères que l’on ne retrouvera pas, du moins tel en est mon avis, du côté féminin, je pense, ou du moins de façon moins explicite. » Si Léa a des enfants et que ces derniers choisissent d’également chausser les rollers ou les patins, ce sera une fierté pour la jeune femme : « Ce serait dans la continuité sportive de la famille, ceci dit, je n’imposerais rien, cela dépendra de leurs choix et s’ils ont la passion du hockey en eux ou non. » Selon Léa, « La femme a entièrement sa place dans le monde du hockey, que ce soit en tant que joueuse, supportrice, ou membre de la famille. Le hockey est une passion partagée autant par les hommes que par les femmes, c’est donc quelque chose qu’on ne contrôle pas et la femme a tout à fait le droit d’aimer ce sport dit « masculin » autant que les hommes, et ainsi vivre de sa passion si elle le peut et si elle en a envie, et ce sans jugements de la société, car on ne juge pas sur une passion. »

                                                                                       Léa Pizon

Cynthia Mabillon : « Le football est le sport national en France et les équipes féminines ne sont pas mises en avant, alors imaginez dans l’hexagone ce que ça donne au hockey… »
La jeune fille de 23 ans a commencé le hockey en ayant joué pendant 7 ans à Charleville-Mézières, et se dirige vers Amnéville cette fois-ci pour continuer de pratiquer sa passion. L’intégration, Cynthia l’a plutôt bien vécue : « Je suis bien entourée, certes cela peut être compliqué par moments, mais de manière générale, tout se passe très bien. » La jeune femme a découvert ce sport en regardant les Jeux olympiques de Vancouver en 2010, puis a commencé la pratique quelques semaines plus tard : « Au début, je pratiquais la danse depuis 10 ans, et je voulais changer de sport. Pendant les Jeux olympiques d’hiver, j’ai suivi le Canada pour le hockey sur glace et ensuite j’ai assisté à un match. Cela a été révélateur pour moi, ce fut comme une évidence, du coup je me suis lancée : je me suis renseignée et ai contacté le club de Charleville-Mézières. La danse est un sport que j’aime toujours, mais je voulais un sport physique ou j’allais pouvoir me dépenser. J’aime l’adrénaline que le hockey procure et la vitesse du jeu. » La Messine trouve que le sport féminin en général peut prendre de l’ampleur, seulement il va falloir attendre beaucoup de temps encore : « Le football est le sport national en France, et les équipes féminines ne sont pas mises en avant, alors imaginez dans l’hexagone ce que ça donne pour le hockey… mais l’avantage est que la FFHG (Fédération Française de Hockey sur Glace, NDLR) ainsi que les clubs, mettent en avant le parcours des femmes et le parcours des jeunes filles qui parfois, atteignent un niveau professionnel. Si un jour Cynthia a des enfants, elle souhaite que ces derniers pratiquent ce sport : « Le hockey apporte beaucoup de valeurs, notamment le travail collectif, le respect ou encore le dépassement de soi. Après, je ne les obligerais pas, ils feront le sport qu’ils souhaitent… Bon, si, j’aimerais vraiment qu’ils fassent ce sport… Donc je forcerais peut-être un peu la main ! (rires). » Pour Cynthia, de plus en plus de femmes pratiquent le hockey, « Ce qui est même une très bonne chose même si les femmes sont malheureusement très vite catégorisées par le public extérieur : nous sommes des brutes ou des bonhommes, et je parle en connaissance de cause. À part cela, c’est difficile de parler de la place qu’occupe la femme dans le monde du hockey… Toutes les femmes que j’ai rencontrées lors des matchs ou des tournois se plaisent dans ce milieu dit « masculin ». Certaines, dont moi, ne veulent pas jouer en équipe féminine par habitude de jouer avec des hommes. Si les filles veulent jouer en équipe féminine, elles doivent se regrouper avec plusieurs clubs pour pouvoir monter une équipe, ce qui n’est vraiment pas ce que l’ont fait de plus évident … »

Cynthia Mabillon

Laëtita Boulic : « Il y a beaucoup d’hommes dans le milieu du hockey, donc la présence de femmes apporte un côté féminin à la discipline, voir même un côté maternel pour nos jeunes, qui n’auraient pas forcément ce côté aussi apaisant si les femmes n’étaient pas là »
Laëtitia joue au hockey loisir au Franconville Hockey Club. La jeune femme se sent tout à fait à l’aise dans ce sport : « En loisir, il n’y a pas de « compétition » entre femmes et hommes, donc nous nous sentons tout de suite intégrées et nous ne sommes pas jugées. Bon, il faut dire qu’en tournois certains hommes peuvent se moquer, car ils sont très « machos », mais sinon, dans l’ensemble, cela reste de bonne guerre. » La jeune assistante de direction a découvert le hockey grâce à une séance publique pendant son adolescence. La jeune Franconvilloise de 41 ans a décidé de pratiquer ce sport souvent considéré comme un sport « masculin », car c’est un sport peu commun et très intensif : « A l’âge adulte, mon frère a voulu essayer, mais pas sans moi. C’est donc comme ça que je me suis inscrite. » La jeune maman de 2 enfants a déjà un petit hockeyeur à la maison, en revanche : « Ma fille âgée de 8 ans n’est pas du tout attirée par le hockey, mais elle est toujours présente avec moi, qui suis bénévole les soirs de matchs et pour accompagner l’équipe. » Pour Laëtitia, la femme a un rôle très important dans le monde du hockey : « La femme est très importante à certains postes, comme la gestion de l’équipe, des tournois, nous pouvons nous apercevoir de quelque chose que les entraîneurs ne remarquent pas forcément, mais qui peuvent faire basculer une équipe ou mettre un mal-être pour certains jeunes. Il y a beaucoup d’hommes dans le milieu du hockey, donc la présence de femmes apporte un côté féminin à la discipline, voire même un côté maternel pour nos jeunes, qui n’auraient pas forcément ce côté aussi apaisant si les femmes n’étaient pas là. »

Laëtita Boulic

Lola Zapateria : « Ce fut un plaisir pour moi de jouer en équipe mixte, car cela montre que la femme peut se faire une place partout et en plus de cela, lorsque je jouais à Gap, j’étais capitaine de l’équipe, ce qui n’est pas commun pour une fille jouant au hockey dans une équipe masculine. J’en étais donc très fière. »
Lola a joué au hockey sur glace à Gap en U15 mixte et à Chamonix en équipe féminine, sport qu’elle pratique depuis maintenant 4 ans. La jeune lycéenne de 17 ans était ravie de pouvoir pratiquer ce sport au sein d’un groupe de garçons : « Ce fut un plaisir pour moi de jouer en équipe mixte, car cela montre que la femme peut se faire une place partout et en plus de cela, j’étais capitaine de l’équipe, ce qui n’est pas commun pour une fille jouant dans une équipe masculine. J’en étais donc très fière. » Lola a connu le hockey en regardant Le Trophée des Petits Champions, elle était curieuse de savoir comment se jouait ce sport, ce dont pourquoi elle a commencé. Pour la jeune fille, la femme a une place importante dans cette discipline : « La femme a dans ce milieu, une place importante, mais très compliquée : elle peut apporter un équilibre dans une équipe d’homme, il faut juste s’imposer au sein de ce sport qualifié de très masculin. »

Lola Zapateria

Julie Sibille : « J’ai toujours pratiqué des sports jugés « masculins », mais là, je me sens libre de faire ce que je veux quand je suis sur la glace. »
Native de Grenoble, Julie joue au hockey depuis 2 ans et elle aussi joue dans deux équipes différentes : aux Lynx de Samoens en équipe mixte et en équipe composée exclusivement de filles, à St Gervais, aux Pinkladies. Julie se sent bien lorsqu’elle joue au hockey : « J’ai toujours pratiqué des sports jugés « masculins », mais là je me sens libre de faire ce que je veux quand je suis sur la glace. J’ai envie de dire que si tu n’aimes pas le sport de contact comme le hockey, change de sport ! Et… surtout si tu le pratiques avec des hommes ! (rires) » Le hockey, elle l’a connu avec les Brûleurs de Loups, grâce à son père, et depuis elle est fan ! Selon elle, le sport féminin ne sera jamais mis autant en valeur que le masculin, car malheureusement, la discipline féminine est « moins populaire », ce qu’elle reprécise dans son opinion par rapport à la place qu’occupe la femme dans le monde du sport, puis dans celui du hockey : « La femme dans le sport en général a une place bien trop peu importante. Cela s’explique par le fait que ce soit sûrement moins culturel, ça touche moins de monde, et c’est bien dommage qu’en 2018 la population ait une vision toujours aussi archaïque, car nous sommes aussi fortes que les hommes. Au hockey, cela est encore pire, du fait que ce soit un sport de contact. Le public vient pour voir du sport de contact, et chez les filles il y en a beaucoup moins que chez les hommes, ce que je trouve dommage, car cela prouve encore une fois que la société nous minorise, que nous sommes des filles « fragiles », alors que les hommes eux peuvent se battre, sont « virils ». Est-ce que les mentalités vont changer ? Sûrement pas au point d’être aussi médiatisé que les hommes, mais on voit de plus en plus de femmes s’imposer dans le monde du sport, et c’est à nous de prouver de quoi nous sommes capables. En loisir, les clubs sont super contents de voir « débarquer » des femmes, et il faut dire que des équipes 100% féminines se forment de plus en plus. »

Julie Sibille

Valentine Maka : « Je me suis toujours sentie dans mon élément, aussi bien dans l’équipe féminine que masculine. »
Valentine joue actuellement pour l’équipe nationale Belge, ainsi qu’en U19, chez les Bulldogs de Liège (équipe mixte) et aux Grizzlys de la même ville, cette fois-ci en équipe féminine. Le hockey est un sport que cette jeune Belge de 23 ans a toujours voulu pratiquer : « Malheureusement pour des raisons personnelles, je n’ai pas pu pratiquer ce sport avant mes 15 ans, où là, ça a été la libération quand j’ai enfin pu chausser les patins. J’ai donc commencé le hockey à la moitié de la saison 2009/2010, je vais donc entamer ma 9eme saison au mois d’août prochain. » La joueuse nationale Belge s’est toujours sentie très à l’aise dans ce sport, peu importe l’équipe : « Je me suis toujours sentie dans mon élément, aussi bien dans l’équipe féminine que masculine. C’est aussi un sentiment de fierté, car je peux dire que je représente mon pays dans ce sport », sport qu’elle a connu grâce à sa mère, qui a elle aussi joué au hockey dans sa jeunesse. Le changement, c’est ce qui a fait que Valentine en est arrivée jusqu’ici : « J’étais adolescente quand j’ai commencé à jouer, je voulais du changement. Je me cherchais encore, ce qui est normal à cet âge : on touche un peu à tout, jusqu’au jour où on tombe sur LE truc. Je voulais du challenge, me défier. De plus, ayant toujours fait du sport, car j’ai toujours aimé cela, je n’avais jamais pratiqué un sport d’équipe, ce qui était le moment de tester, c’est aussi une de mes raisons qui m’a poussé d’essayer, et je ne regrette rien. Puis après tout, essayer ne veut pas dire pratiquer, car c’est en essayant plusieurs entraînements que j’y ai pris goût. Le hockey, c’est l’adrénaline des matchs, l’effort que cela nous demande en tant que joueur individuel, mais également en tant qu’équipe, c’est la folie qu’entraîne une victoire, la joie que procure de marquer un but, c’est un tout. Une fois qu’on tombe dedans, on y reste. C’est viscéral. Le hockey est aussi un autre monde que peu de gens comprennent, sauf si eux jouent aussi au hockey. C’est une grande famille, c’est ça qui est beau ! » La jeune Belge a toujours été fan d’Alexander Ovechkin : « J’ai toujours été une grande fan d’Ovi, qui joue chez les Washington Capitals. Et ce n’est pas seulement, car c’est un bon joueur, mais c’est ce qu’il apporte à l’équipe en tant que membre de celle-ci. Il est un joueur complet qui n’oublie pas d’où il vient. C’est ça qui est admirable ! » Valentine Maka nous donne son point de vue sur le hockey féminin : « Si le hockey féminin sera un jour mis en valeur au même niveau que hockey masculin ? J’aimerais tellement répondre « oui » à cette question. Mais malheureusement, quand je vois les efforts et les finances qui sont procurées pour les hommes, et non pour les femmes, j’ai de fortes craintes… Cela mettra, je pense, encore au moins 10, voire 15 ans, si ce n’est plus… Mais bon, si toutes les filles qui jouent au hockey s’investissaient véritablement, on pourrait faire changer les choses un peu plus vite, enfin cela reste mon avis… » Que ses enfants fassent du hockey, Valentine aimerait cela : « Je désire avant tout que mes enfants s’épanouissent, que ce soit dans le sport, dans l’art ou autre. Mais c’est certain, que ce serait tellement chouette de partager ma passion avec mes futurs enfants. » Pour la jeune femme, la femme n’a pas encore sa place dans le monde du hockey : « Le hockey féminin n’est pas assez médiatisé, sponsorisé et financé. De ce fait, la femme n’est pas assez reconnue dans ce milieu. Il faut que cela change, et vite !!! »

Valentine Maka

Camille Coupau : « La place de la femme dans le monde du hockey est compliquée. »
Cette jeune gardienne de 25 ans joue à Chambéry, en D4. Le hockey lui fait du bien : « Je me sens déterminée, plus forte mentalement. C’est hyper stimulant, car c’est un sport qui demande du physique, mais aussi une intelligence de jeu. » Le hockey, elle l’a découvert grâce à son petit frère, qui lui a découvert le hockey lorsque Camille faisait du patinage artistique, mais malheureusement, elle a du arrêter la pratique : « La sensation de glisse me manquait, donc je l’ai rejoint au hockey, ce que je ne regrette absolument pas. L’esprit d’équipe, c’était nouveau pour moi, j’ai beaucoup accroché cet état d’esprit. Et enfin pour terminer l’adrénaline, ça m’a rendu accro à ce sport. » La jeune fille nous fait part de son point de vue sur le hockey féminin et sur la place qu’occupe la femme dans le monde du hockey : « Je pense que le hockey féminin sera de plus en plus mis en lumière. Les équipes américaines et canadiennes sont en train de faire bouger les choses, en montant une vraie ligue où elles pourraient évoluer, être considérées et être payées en tant que professionnelles. Il y a certes beaucoup à faire, mais ça évolue dans le bon sens. L’équipe de France féminine a les moyens et le soutien de la fédération pour monter en niveau, tout comme en communication. Et elles nous l’ont montré cette année. Malheureusement, le hockey féminin sera encore pour longtemps dans l’ombre du hockey masculin tant que le nombre de licenciées sera minoritaire. Ensuite, la place de la femme dans le monde du hockey est compliquée. On vous en demande plus. Il faut toujours être au top, pas de passage à vide autorisé quand vous jouez dans une équipe mixte. Il faudra toujours montrer que vous êtes la meilleure parce qu’au fond, même si vous faites partie de cette équipe, vous êtes absente du vestiaire, c’est plus facile de vous mettre sur la touche. Après, nous, les femmes, apportons aussi quelque chose en plus : une sorte de cohésion plus forte et aussi une ouverture d’esprit supplémentaire. »

Camille Coupeau

Vanessa Maurel : « Les femmes ont largement leur place dans le monde du hockey. »
Cette jeune étudiante en journalisme sportif de 22 ans joue au hockey depuis 7 ans. Sport qu’elle a découvert grâce à son père : « Il a fait du hockey quand il était jeune, et m’amenait voir les matchs dès mon plus jeune âge. Je ne m’y intéressais pas trop jusqu’à mes 14 ans, quand j’ai fait la connaissance de ma meilleure amie, qui était fan de hockey et m’a fait (re)découvrir ce sport, et qui m’en a fait devenir fan à mon tour. » En septembre, elle va commencer à jouer avec l’équipe loisir mixte des Aigles de Nice. Auparavant, elle jouait pour l’équipe féminine de Briançon. Et dans ce sport, la jeune femme s’y sent très bien : « Je me sens particulièrement à l’aise. Quand je jouais à Briançon, nous n’avions d’autres choix que de jouer contre des hommes. On peut penser que l’équipe féminine et moi-même étions intimidées, mais pas du tout : nous voulions juste montrer que nous aussi, nous avons notre place dans ce sport, et cela nous donnait encore plus envie de nous surpasser. » En posant les patins à Jean Bouin, la jeune femme ne sera pas en terre inconnue : « J’ai déjà joué un an à Nice, j’étais à l’époque la seule fille et cela ne s’était pas très bien passé, justement à cause de ce côté masculin. En effet, les garçons étaient vraiment machos, ne m’ouvraient pas de vestiaire à moi toute seule. Quand on était sur la glace, ce machisme se faisait également ressentir, et ce parce que j’étais une fille, ils ne me faisaient jamais la passe, ne me calculaient pas, en clair : jouaient sans moi. Il a été très dur de se faire une place, ce pourquoi j’ai décidé d’arrêter le hockey pendant 3 ans. Je vais donc m’y remettre en septembre car je sais que d’autres filles jouent dans l’équipe. » La jeune étudiante tire donc une conclusion sur ses parcours : « Lorsque je suis dans une équipe féminine, je me sens très à l’aise et combattante. En revanche, dans une équipe mixte on sent clairement le machisme, et cela devient tout de suite très compliqué. D’autre part, le hockey féminin est très peu mis en avant et on le ressent rien qu’avec les créneaux d’entraînements : à Briançon, nos entraînements sont seulement le lundi de 22h à 23h… ce qui est plutôt décourageant. » Le hockey, elle a commencé à le pratiquer avec sa meilleure amie (comme dit ci-dessus) : « Tous les mardis et samedis, nous étions à la patinoire et un jour, nous nous sommes posées la questions : « pourquoi pas nous? ». Ensuite, nous nous sommes renseignées, pour savoir si il y avait une équipe féminine à Briançon, et il s’est avéré que oui. Donc nous avons essayé une fois, et nous ne nous sommes plus jamais arrêtées. » Le hockey féminin valorisé au même niveau que le masculin, Vanessa a du mal à y croire : « On ne laisse pas l’occasion aux filles de progresser, et ça peut même les dégoûter vu les conditions dans lesquelles on les laisse s’entraîner, s’améliorer. Et puis je pense malheureusement qu’il y a encore trop de machisme et beaucoup d’hommes (pas tous, encore heureux !) qui qualifient le hockey féminin comme étant trop lent, et pas assez physique. » Au niveau de la place qu’occupe la femme dans le monde du hockey, la jeune femme pense qu’il y a encore beaucoup de boulot à faire, cependant plus du côté des hommes : « Les femmes ont largement leur place dans le monde du hockey, elles le veulent et ont toutes les qualités pour évoluer. Mais le machisme des hommes nuit à la croissance du hockey féminin, il faut que cela cesse !!! »

Valentine Maka, portant le n°14. Photo : Laurie Zydek.

Jeanne Avenel : « Je voulais prouver qu’une fille pouvait elle aussi avoir sa place sur la glace » La jeune étudiante de 19 ans a joué une saison et demie en loisir, pour les Crocodiles de Cléon, et cette expérience n’a pas été facile à vivre « Je n’ai jamais fait de matchs contre d’autres équipes, seulement des entraînements toutes les semaines. Les « meilleurs » étaient « sélectionnés » pour faire des matchs avec l’équipe amateur de D4/loisir. Dans l’équipe principale, il n’y avait aucune femme : que seuls les hommes pouvaient pratiquer les matchs : j’étais frustrée car je me disais que je ne pourrais donc jamais avoir le même niveau que les hommes, si on ne me laissait pas évoluer. C’est aussi pour cela que j’ai arrêté, car j’étais beaucoup trop à l’écart, parce que je manquais de pratique mais surtout parce que j’étais une fille. J’ai donc trouvé le hockey macho ». La jeune femme ne s’est pas sentie intégrée au groupe, entourée d’hommes : « Quand j’ai débuté, les joueurs dans le vestiaire n’avaient pas porté attention à ma présence. Une fois sur la glace avec mon équipement sur le dos, on m’appelait toujours « mon bonhomme ». Lorsque je leur disais que j’était une fille, ils ont vite changé de comportement, et pas forcément vers un sens positif… Et oui, une fille dans une équipe d’hommes, cela n’était pas ma place selon eux. Un des joueurs, nommé David, m’a pris sous son aile sur la glace. Je n’avais pourtant jamais pratiqué ce sport auparavant, cette discipline était donc nouvelle pour moi niveau pratique et grâce à lui (David, NDLR), je me suis sentie très à l’aise dans mes patins. Malheureusement, mon manque de maîtrise s’est vite fait sentir auprès des autres joueurs. Lorsqu’on simulait des matchs, les autres gaillards aux allures de joueurs professionnels; 1m90 pour 95 kilos – ne me donnaient jamais le palet. Les charges étaient heureusement pour moi interdites et lorsque David est parti, cela a laissé un grand vide en moi, ce qui a donc conduit à mon arrêt de la pratique du hockey sur glace. » La jeune Rouennaise a vu son premier match étant toute petite, plus précisément lorsqu’elle était âgée d’un an et demi : « Mon père m’a fait découvrir ce sport, il était à l’époque abonné depuis vingt cinq ans. Le hockey, c’est comme une religion pour ma famille. Je me nourris de ce sport, je trouve qu’on en apprend beaucoup grâce au hockey. » Lorsque son petit frère a arrêté le hockey, c’est à ce moment-là qu’elle s’est mise à la pratique de ce sport : « Je voulais prouver qu’une fille pouvait elle aussi avoir sa place sur la glace. Malheureusement, je n’ai pas trouvé la mienne, peut-être parce que j’ai commencé à jouer trop tardivement, ou encore parce que je manquais de pratique. » La jeune étudiante a aujourd’hui encore une et unique idole depuis tant d’années; Eric Doucet, qui est bien connu du public français puisqu’il a évolué en France pendant un peu plus de 11 ans : »Eric a passé 9 saisons à Rouen. Dans ma tribune, on l’appelait « le poison », car il était présent partout, il avait un petit gabarit, il représentait un calvaire pour les défenses adverses et il marquait souvent pour l’équipe, ce qui gonflait énormément ses statistiques personnelles : rien qu’à Rouen, Eric a mis un peu plus de 450 points pour ses statistiques individuelles (212 buts et 242 assistances, NDLR). C’est un peu le Marc-André (Thinel, NDLR), de l’époque ! (rires). » Jeanne nous fait part de son point de vue sur le hockey sur glace en général : « Je pense que premièrement, le hockey masculin n’est pas à sa place : il devrait être beaucoup plus médiatisé par les médias français, on en entend trop peu parler… alors imaginez la place du hockey féminin en ce moment… . J’aimerais que le niveau soit égal, qu’il y ait une égalité au niveau des sexes également au niveau sportif et notamment dans le hockey sur glace, que le niveau soit donc aussi élevé chez les femmes que chez les hommes, il faudrait laisser les jeunes filles et les femmes accéder à plus de formations dans le hockey et faire beaucoup plus de sensibilisations comme les journées « le hockey pour les filles »mais pas seulement une fois dans la saison comme notamment au début de cette dernière, mais par exemple des journées pour le hockey féminin régulièrement, pour que les femmes, elles aussi, puissent aussi avoir leur place dans cette discipline ». Jeanne n’aimerait pas que ses enfants pratiquent le hockey : « Il fut un temps, j’aurais aimé que mes enfants pratiquent le hockey plus tard, mais en voyant le fils d’une amie et l’acharnement qui est représenté dans le monde du hockey mineur, je crois que je n’en ai plus envie. Les clubs veulent former l’Elite du hockey français, mais parfois je crois qu’ils en oublient que ce ne sont que des enfants… . » La jeune Rouennaise nous donne son avis sur la place de la femme dans le monde du hockey : « La femme est sous estimée. Prenez l’exemple du foot : les femmes footballeuses ont plus de hargne à jouer que les hommes, elles en veulent vraiment, pareillement pour les hockeyeuses. On doit se faire notre place en tribune comme sur la glace, que ce soit en tant que joueuses ou en tant qu’arbitres (En France et dans le monde du hockey, seulement 26% des arbitres sont des femmes, NDLR), et c’est parfois très compliqué. Les remarques et propos de certains hommes sont tout à fait déplacés par moment. Il faut que cela change, je suis pour l’égalité des sexes dans la société, dans le sport. »

Jeanne Avenel

Marie Garcia : « J’avais envie de découvrir ce sport et de le comprendre de manière encore plus approfondie. »
Marie a joué notamment à Tours et à Caen, ainsi qu’à Strasbourg : « J’ai commencé le hockey à Tours, en mixte et à Caen en féminine car il n’y avait pas d’équipe féminine Tourangelle à l’époque, et ensuite je suis partie en sport étude à Strasbourg en mixte avant de revenir en Touraine. » Le hockey, elle le pratique depuis maintenant 7 ans : « Un soir, mon père m’a emmené à l’entraînement pour que je puisse tester ce sport. Et depuis, je ne me suis plus jamais arrêtée : j’avais envie de découvrir ce sport et de le comprendre de manière encore plus approfondie. Et depuis ce jour, je peux même dire que lorsque je suis sur la glace, je me sens libre de faire ce qui me plaît : cela prouve que ce n’est pas un sport réservé à l’homme, mais à l’Homme. » Marie a découvert le hockey grâce à ses parents : « Ma mère était joueuse lorsqu’elle était plus jeune. Mon père lui, m’emmenait voir les matchs des pros, et j’ai de suite accroché. » La jeune femme nous donne son avis par rapport à la place qu’occupe la femme dans ce sport peu connu, ainsi que son avis sur le hockey féminin : « Selon moi, la femme a tout à fait sa place dans ce sport… et malheureusement, je ne pense pas qu’un jour, le hockey féminin sera mis au même niveau que le hockey masculin, car le hockey est un sport encore trop peu connu aux yeux du monde. »

Marie Garcia

Maéva Frontier : « Nous sommes même « protégées » par les autres joueurs. »
Maéva Frontier a débuté le hockey il y a de cela 9 saisons. Elle joue au EVH91 – équipe féminine – (Evry-Viry, NDLR), ainsi qu’en U17 Elite, en équipe mixte. La Menneçoise a également joué en Equipe de France Féminine en moins de 15 ans, et fait des sélections, toujours pour l’équipe de France féminine pour les moins de 18 ans. Quand elle joue, la jeune fille de 17 ans se sent bien : « Même si on peut dire que le hockey est une discipline masculine, les filles sont de mieux en mieux acceptées dans ce milieu. Au final, nous sommes même « protégées » par les autres joueurs. » Un petit bout de papier, ce qui a changé la destinée de Maéva : « Un jour, je suis allée à la patinoire, quand j’ai vu une affiche qui proposait d’essayer le hockey, et ce gratuitement ? J’ai donc tenté ma chance, et je ne regrette rien. » Quand la jeune fille a commencé le hockey, ses deux entraîneurs étaient des joueurs de D2, ils étaient donc des modèles pour elle. Pour Maéva, la femme a sa place dans le monde du hockey, car les joueuses sont, au fur et à mesure du temps, mieux acceptées dans ce sport. Cependant, le nombre de joueuses reste selon elle, insuffisant pour que le hockey féminin soit connu et médiatisé au même stade que le hockey masculin.

Maéva Frontier

Gwenola Personne : « Joueuses, arbitres, entraîneuses… La femme doit être meilleure que l’homme pour se faire accepter ! »
Gwenola a commencé le hockey à Cergy en 1983, et le pratique encore aujourd’hui. Elle était d’ailleurs joueuse en équipe de France, de 1991 à 2008 : « Le hockey pour moi est une passion, un besoin, un jeu de vitesse et puissance, d’agilité et de robustesse, de technique, et d’intelligence de jeu et de qualités de jeu qu’une fille peut avoir, tout autant qu’un homme d’ailleurs. » De base, Gwenola n’était pas partie pour faire du hockey : « Mes parents m’avaient inscrite au patinage artistique. Cependant, le hockey m’attirait beaucoup plus. J’ai découvert le hockey grâce à mon frère qui lui le pratiquait déjà, et il avait l’air de beaucoup plus s’amuser en faisant du hockey que moi du patinage. Cependant à l’époque, le hockey féminin n’existait pas… Et la mixité, était interdite ! » L’ex joueuse nationale, avait des idoles :  » Wayne Gretsky et Pierre Pousse m’ont toujours fait rêver. » Pour la maman dont les enfants pratiquent le hockey, le chemin est encore long pour la reconnaissance de la considération du hockey : « Le chemin des joueuses est en constante augmentation, notamment des joueuses de l’équipe de France, la reconnaissance s’est un peu améliorée, mais cela reste tout de même insuffisant. L’accession dans le groupe Elite va peut-être améliorer les choses… » Pour Gwenola Personne, la femme a les armes pour se faire sa place au sein du hockey :  » Joueuses, arbitres, entraîneuses… La femme doit être meilleure que l’homme pour se faire accepter ! Et si elles commettent des erreurs, pas de cadeaux ! »

Gwenola Personne

Tiphaine Hautereau : « Les résultats de l’équipe de France féminine permettent déjà un pas en avant. »
Tiphaine joue pour les Jokers de Cergy, en équipe féminine Elite. Le hockey, un sport qu’elle pratique depuis 10 ans et qu’elle a découvert grâce à son frère : » Le fait de pratiquer un sport dit « masculin » par la société ne me dérange pas, je m’y sens même très bien cela ne m’a jamais posé de problèmes. J’étais d’ailleurs, étant plus jeune, un peu garçon manqué. Avec le temps, je me suis féminisée, je voulais aussi prouver que nous pouvions jouer au hockey tout en étant coquette. » La pratique du hockey n’était pas nouvelle pour Tiphaine : « J’ai eu envie très rapidement de jouer au hockey, mais étant déjà « âgée », j’avais peur des remarques des autres membres de mon équipe, et c’est lors du TIF (Tournois International Féminin, NDLR) organisé comme tous les ans à Cergy que je me suis lancée, après avoir parlé avec Lydie Breton, la capitaine de l’équipe des Jokers à l’époque, qui m’a dit de regarder une interview à son propos. Dedans, elle disait qu’elle avait commencé au même âge que moi et cela ne lui a pas empêché d’avoir une belle carrière. C’est donc sur ses dires que je me suis lancée. » La jeune femme nous donne son point de vue quant au hockey féminin et à la place que la femme occupe dans cette discipline : « Les résultats de l’équipe de France féminine permettent déjà un pas en avant, cela permet aussi de mettre d’avantage les filles à la une des infos du hockey. Ensuite, en ce qui concerne la place de la femme dans le monde du hockey, elle est très difficile à obtenir, surtout dans une équipe mixte,  digne d’un lingot d’or. Pour les équipes féminines, nous avons peu d’infos, c’est très peu médiatisé, mais les femmes ont une place importante en tant que bénévoles, secrétaires de clubs, et tout ce qui tourne autour du staff d’un club. »

Tiphaine Hautereau

Emilie Lefrère : « Le hockey reste un sport masculin et brutal dans la tête des gens. Ceux qui ne connaissent pas ce sport s’imaginent que tout le hockey se joue comme en NHL (National Hockey League, NDLR), avec des charges violentes. »
Emilie joue au sein de l’équipe fun de GBHC (Grand Belfort Hockey Club, NDLR), anciennement l’ASM Belfort hockey sur glace. Elle pratique cette discipline depuis deux ans, et c’est un sport qui ne lui déplaît pas : « Je me sens très à l’aise, malgré que je sois débutante. » Emilie a découvert ce sport par ses enfants : « Avant d’être maman, je faisais régulièrement du roller. Ensuite, une fois qu’ils étaient en âge de faire du hockey, ils ont débuté dans cette branche. De voir mes enfants sur la glace, avec tout ce matériel, m’a clairement donné envie d’essayer pour voir ce qu’ils « enduraient »… Mais je n’osais pas me lancer, étant donné que c’est un sport qualifié de masculin et qu’il n’y a pas d’équipe féminine dans notre club. Quand on m’a chahuté pour que j’essaye, il n’a pas fallu attendre beaucoup de temps pour que je monte sur la glace ! (rires). Et j’ai de suite accroché. C’est un sport complet qui permet de décompresser et de ne penser à rien d’autre, je regrette même de ne pas avoir connu cette discipline plus tôt, ni même de l’avoir pratiqué quelques années auparavant. » La solidarité féminine a été le déclic à cette maman pour se lancer : « Il n’y avait qu’une fille dans l’équipe quand on m’a proposé de jouer. Quand on m’a posé cet argument, je n’ai pas pu refuser d’essayer ! La curiosité en a été pour beaucoup aussi, notamment de voir ce que cela fait de pratiquer le hockey avec tout un équipement sur le dos. » Pour la Belfortaine, le hockey féminin ne sera jamais mis au même niveau que le hockey masculin : « Le hockey reste un sport masculin et brutal dans la tête des gens. Ceux qui ne connaissent pas ce sport s’imaginent que tout le hockey se joue comme en NHL (National Hockey League, NDLR), avec des charges violentes. » La jeune maman se confie pour exprimer son sentiment par rapport à la femme dans le monde du hockey : « En tant que joueuse, je trouve que j’ai été très bien acceptée dans l’équipe, même si je n’ai qu’un niveau de débutante. Pour certains joueurs (heureusement peu nombreux), les filles ne devraient pas jouer au hockey, mais je dois dire que leur opinion m’importe peu ! Et j’ai pu remarquer que les hommes font plus attention aux femmes lorsque nous sommes sur le terrain de jeu que lorsqu’ils ne jouent qu’entre eux. »

Emilie Lefrère

Malory Rickly : « Ce n’est pas parce que le hockey paraît comme étant un sport « brutal » que les femmes ne doivent pas le pratiquer. »
La jeune Suissesse de 16 ans fait partie du HCFL, le Hockey Club Féminin Lausannois, en corporation. Elle a commencé la pratique de ce sport depuis qu’elle a 14 ans, et dans son équipement d’hockeyeuse, elle s’y sens bien, elle est dans son élément. Sa découverte du hockey est peu commune, puisqu’elle a découvert l’existence de ce sport en étant sur la route : « Je m’en souviens très bien : nous étions sur la route avec mes parents, quand tout d’un coup nous sommes passés devant la patinoire et il y avait une multitude de voitures garées sur le parking. J’ai ensuite demandé à mes parents pourquoi il y avait autant de monde, ma mère m’a donc dit qu’il se jouait un match de hockey. En rentrant chez moi, je suis allée voir sur Internet ce qu’était plus précisément ce sport. Je me suis renseignée, et j’ai de suite voulu commencer. Depuis, je ne loupe aucuns matchs, que ce soit au niveau du spectacle que de la pratique ! Il faut dire aussi que le fait d’avoir toujours avoir aimé patiner a été un gros plus pour moi. Et le hockey est un sport où l’on peut bien se défouler, et c’est ce qu’il me plaît dans ce sport. » Malory nous donne quelques noms de joueurs qu’elle apprécie beaucoup : « J’ai toujours aimé Cristobal Huet en tant que gardien. En ce qui concerne les joueurs, je dirais Tristan Scherwey ou Thomas Rüfenacht, mais il y a tellement de joueurs que j’admire pour leurs styles de jeu que je n’arriverais pas à en choisir un… . » Malory trouve que le hockey féminin n’est pas assez médiatisé, mais reste confiante : « Malheureusement, les championnats féminins ne passent pas à la télévision, ils ne sont diffusés nulle part, ce pourquoi il faudrait que ce sport devienne vraiment populaire aux yeux de tous, pour qu’il y ait enfin une égalité hommes-femmes au niveau du hockey. Mais oui, je veux y croire ! » La jeune fille encourage les femmes à s’investir d’avantage dans ce sport :  » Ce n’est pas parce que le hockey paraît comme étant un sport « brutal » que les femmes ne doivent pas le pratiquer. Tout le monde choisit ce qu’il veut et quel sport il veut, et je trouve cela très bien qu’elles soient présentes ! »

Malory Rickly

Mathilde Denis : « En voyant ce match, je me suis dit : c’est ça que je veux faire ! »
La jeune femme reprend le hockey la saison prochaine. Elle joue au Lyon Hockey Club Association, en équipe loisir mixte. Elle a commencé le hockey quand elle avait 18 ans, en intégrant directement une équipe loisir : » Lorsque je joue, je me sens libre ! J’aime que le contact soit autorisé, sans pour autant qu’il soit violent. Le contact, la vitesse et l’envie de pouvoir me défouler ont été les facteurs qui m’ont donné envie de commencer la pratique. » Elle a découvert ce sport à 14 ans, grâce à son père qui l’a emmenée voir un match :  » En voyant ce match, je me suis dit : c’est ça que je veux faire. » Selon Mathilde, le problème de l’évolution du hockey féminin provient de la FFHG : « Je pense que jamais, le hockey féminin ne sera comme le hockey masculin, et ce du moment tant que que les dirigeants de la fédération seront des hommes. » Mathilde Denis est maman d’une fille de 2 ans qui adore regarder les matchs, mais aussi monter sur la glace. Ce serait une grande fierté pour les parents si leur fille était amenée à vouloir faire du hockey un jour, elle aussi. Mathilde termine en disant que : « La place de la femme dans le monde du hockey n’est pas assez importante malheureusement… Le hockey féminin n’est pas aussi « puissant » et violent mais est plus technique, plus subtil. Le hockey présenté par les filles mériterait d’être plus connu et développé ! »

Mathilde Denis

Mélinda Da Silva Fernandes : « Les filles qui pratiquent le hockey ne sont pas mises en valeur. »
Cette jeune joueuse de 16 ans en féminine Elite pratique le hockey au sein de l’équipe des Bisons de Neuilly sur Marne, sport qu’elle pratique depuis 5 ans. La jeune fille a joué en équipe mixte pendant 3 ans, et cela fait maintenant 2 ans qu’elle joue en équipe féminine : « C’est une passion pour moi de jouer au hockey, je me sens bien, que ce soit en équipe féminine ou dans l’équipe mixte. J’ai choisi de pratiquer ce sport car j’aime les sport de contacts, et le fait de regarder l’équipe professionnelle qui évolue en D1 m’a donné envie de  jouer. » Selon Mélinda, : « Les filles qui pratiquent le hockey ne sont pas mises en valeur. »

Mélinda Da Silva Fernandes

Mathilde Léchevin : « Hommes et femmes pratiquons le même sport, sur le même terrain. Nous devrions donc avoir la même influence, en vain ! »
La jeune Amiénoise de 16 ans joue depuis deux ans aux Gothiques d’Amiens, en équipe féminine : « Je ne fais pas de comparaison entre le hockey masculin et le hockey féminin, nous sommes libres de faire la discipline que nous souhaitons. Ce sport, quand j’avais environ 8 ans, n’était pas envisageable pour moi sachant que je faisais du patinage artistique. Mais aujourd’hui, la société a évolué et le hockey est devenu comme une partie de moi, je peux me défouler, c’est un vrai plaisir de le pratiquer. » Mathilde a connu le hockey grâce à son frère : « J’ai connu ce sport par mon petit frère, qui lui aussi avait commencé le patinage artistique, mais qui s’est finalement tourné vers le hockey. C’est alors à ce moment là que je suis tombée raide dingue amoureuse de ce sport. » La pratique du hockey, était de base une blague de son père : « Un soir, mon père est rentré en me disant pour rigoler qu’il y avait une porte ouverte pour un essai pour le hockey féminin. Je l’ai donc pris au sérieux, et j’ai tenté ma chance. Aujourd’hui c’est devenu une réelle passion. » Mathilde nous donne son point de vue sur la place de la femme dans le milieu du hockey : Nous les femmes, nous ne sommes pas assez mises en valeur. Pourtant, le hockey féminin reste tout aussi impressionnant que le hockey masculin. Alors certes, certaines règles changent mais hommes et femmes pratiquons le même sport, sur le même terrain. Nous devrions donc avoir la même influence, en vain ! »

Mathilde Léchevin

Isabelle Turcotte : « Il n’y a pas assez de femmes dans la formation féminine, contrairement à d’autres pays où le banc est essentiellement féminin. »
Isabelle a joué en Equipe de France et a fait partie de la première équipe féminine à Gap, crée en 1984 : « Au début, j’étais très fière car nous nous sommes battues pour faire naître notre équipe. Par la suite, j’ai pratiqué ce sport sans faire la différence entre un sport masculin ou non. Le jeu entre hockey féminin et masculin n’est pas le même, au hockey féminin il n’y a pas de contact et le jeu est plus intelligent. » Isabelle a accompagné son père aux matchs, qui était journaliste sportif. C’est donc de cette manière qu’elle a découvert le hockey. Etant plus jeune, Isabelle aimait beaucoup Bruno Saunier, natif de Gap, qui a joué à Briançon et Chamonix, et qui était au sein de l’équipe internationale. Isabelle nous donne son point de vue sur le hockey féminin, et la valeur que le hockey féminin peut prendre : « Je pense que pour que le hockey féminin soit mis en valeur au même niveau que le hockey masculin, cela va prendre beaucoup de temps malgré tout ce qui est fait en matière de communication et de formation. Cela se confirme avec le départ de joueuses françaises dans des pays étrangers. » Les enfants de la bibliothécaire de 47 ans font tous les deux du hockey :  » Si pour notre fils ce fut automatique car moi et mon mari jouions en club, pour notre fille nous ne voulions pas qu’elle en fasse afin qu’elle fasse un autre sport et ne pas devoir la comparer à son frère, et pour pouvoir également rencontrer d’autres personnes, avoir d’autres valeurs… Mais nous n’avons rien pu faire pour lutter contre son choix, elle en est très mordue ! » Isabelle donne son opinion sur la place qu’occupe la femme dans le monde du hockey : « On progresse ! Christine Duchamp a été une pionnière et s’est battue pour imposer ses idées. D’entraîneur de l’équipe de France, elle a monté le pôle France et se retrouve maintenant à un poste clé de la Fédération, mais ce n’est pas suffisant. Il n’y a pas assez de femmes dans la formation des filles contrairement à d’autres pays ou le banc est essentiellement féminin, mais on se heurte encore et toujours aux mentalités et le combat de la femme n’est pas terminé. Pour moi, il ne finira jamais car il n’y a et n’aura jamais de parité. »

Isabelle Turcotte

Christina Ashley : « Les joueuses de hockey ont une force, et les femmes dans le monde du hockey, qu’elles soient joueuses, supportrices, épouses, enfants, sœurs, mères… jouent un rôle crucial dans le développement de ce sport. »
Christina a joué pour les Jokers de Cergy et pour le HCCP. Elle a commencé le hockey à l’âge de 3 ans. Le fait de pratiquer le hockey; une discipline qui est plutôt assimilée à un sport étant masculin, cela ne dérange pas du tout Christina : « Il n’y a aucun sentiment dans le monde qui est comparable à celui de monter sur la glace. Peu importe ou je vais, peu importe ou je joue, l’endroit où l’on se sent toujours chez soi, c’est la patinoire. Quand je joue, cela m’apporte de la joie, sans le hockey, je serais tout simplement perdue. » Le hockey pour Christina, est un sport mixte : « Je n’ai jamais eu l’impression que le hockey était un sport dédié aux hommes. Pour moi, ça a toujours été mon sport, mon cœur, ce que j’aime. » La jeune femme a grandi au Canada : « J’ai eu la chance de grandir dans une terre de hockey, et d’avoir une équipe et des entraîneurs qui se fichaient que les membres de l’équipe soient de genre masculins ou féminins. Ils voulaient juste les meilleurs joueurs. Ils ont regardé la compétence, et non le sexe. Malheureusement, cela a changé au fur à mesure que je vieillissais, et ce n’était pas le meilleur des sentiments de savoir que quelqu’un vous jugeait parce que vous étiez une fille, et que vous jouiez au hockey. Mais ce sentiment n’a jamais obscurci mon envie de jouer. » Sport qu’elle a découvert grâce à ses parents et à son frère, pratiquer le hockey était juste une évidence pour Christina : « Jouer était juste quelque chose d’où je venais. Tout le monde joue au hockey au Canada. Mais quand j’avais 5 ans, nous avions un joueur de hockey qui vivait avec nous, Derek Wilkinson; il jouait dans la NHL. C’est en les regardant, lui et mon frère que j’ai décidé que je voulais non seulement jouer mais pour pouvoir faire des compétitions de ce sport. » Les idoles, Christina connaît : « Quand j’étais petite, j’avais plusieurs idoles. Mais quand il s’agissait d’idoles de hockey féminin, la mienne était Cassie Campbell : elle a surmonté tellement d’obstacles pour le Canada et pour moi, c’était incroyable. » La Canadienne de 29 ans espère que le hockey féminin va être mis en valeur au même niveau que celui masculin dans quelques années, mais ne pense pas que ce sera le cas dans les prochaines années :  » Cela prendra du temps. Cela se passe maintenant avec la LCHF et la NWHL, mais très très lentement. Les gens doivent apprendre à accepter que ce sport est incroyable, peu importe qui le joue. Le jeu féminin est rapide et a une très belle action. C’est aussi divertissant et amusant à regarder que les ligues masculines. Il faut que les gens y croient. De base, le problème part en dehors du hockey. C’est un problème auquel les sports féminins sont confrontés en général et que les femmes subissent en général. Nous devons changer la phase des choses dans leur ensemble et pas seulement dans le sport. » Pour terminer, elle nous donne sont point de vue sur la place de la femme dans le sport en général, puis au hockey : « Je pense que les femmes dans le sport sont sous-évaluées et sous-estimées, et ce surtout au hockey, un sport dominé par les hommes. Je pense que les joueuses de hockey ont un niveau, un talent et un cœur incroyable : beaucoup s’entraînent aussi souvent que les hommes tout en travaillant à plein temps et en s’occupant de leur famille. Nous ne sommes souvent pas payées pour jouer. Nous jouons parce que nous aimons le sport. Permettre aux jeunes joueurs, féminin et masculin, de voir ce niveau d’engagement fait en sorte qu’ils comprennent que le cœur de ce sport est la passion. Il n’y a pas de gloire et pas d’argent. Que vous travaillez dur parce que vous aimez quelque chose, et parce que vous voulez être le meilleur. Les joueuses de hockey ont une force, et les femmes dans le monde du hockey, qu’elles soient joueuses, supportrices, épouses, enfants, sœurs, mères… jouent un rôle crucial dans le développement de ce sport. »

Christina Ashley

Marine Farnaud : « J’ai toujours admiré les filles de l’équipe de France, en particulier Marion Allemoz. »
Marine joue pour les rapaces de Gap, et va passer en 1ère année U17. La jeune fille fait également partie du collectif France U18.  Elle pratique ce sport depuis 9 ans, et cette discipline lui plaît comme au premier jour, où tout a commencé. Le fait de jouer dans une équipe mixte ne la dérange pas : « Je me sens plutôt bien, et les garçons avec qui je joue depuis le début me connaissent très bien et sont très sympas avec moi. Dans l’équipe, j’ai une place assez importante. Dès que je rentre dans la patinoire je me sens libre, j’oublie tout et je me donne à fond. » Pour Marine, le hockey n’est pas un sport comme les autres : « Dans le hockey, tout change par rapport aux autres sports : la vitesse, l’esprit d’équipe,la compétition, l’adrénaline quand on joue des matchs importants, ou quand nous sommes appelées pour des sélections nationales. » Marine a toujours eu de l’admiration pour les bleues : « Comme tous les joueurs et joueuses, on regarde toujours les joueurs de l’équipe de Synerglace Ligue Magnus de notre club ainsi que les joueurs de NHL. Mais j’ai toujours admiré les filles de l’équipe de France, et en particulier Marion Allemoz. » Pour la jeune fille, si un jour le hockey féminin est valorisé au même niveau valorisé que le hockey masculin, ce sera grâce à la médiatisation de cette branche féminine. Marine Farnaud nous donne son point de vue quant à l’intégration de la femme dans le monde du hockey sur glace : « Je pense que la femme a sa place dans le monde du hockey mais dans certaines équipes, on privilégie plus les garçons, ce qui est assez triste car une fille certes n’a pas les mêmes capacités physiques qu’un garçon mais peut aussi bien se débrouiller : le hockey est un sport qui se féminise de plus en plus et c’est très bien, suite au titre de championne du Monde pour les seniors femmes, je pense que de nombreuses petites filles prendront elles aussi leurs licences : la relève est assurée, du moins j’espère ! »

Marine Farnaud

Audrey Mosca-Dina : « L’évolution du hockey féminin est positive, même si il faudrait que les filles soient plus reconnues ! »
Audrey joue pour l’équipe de Bdelles de Grenoble, là où elle a commencé il y a maintenant 10 ans. Comme toutes les autres pratiquantes, Audrey se sent libre, à son aise sur la glace, appliquée, et plus motivée que jamais. Le hockey, c’est toute une histoire de famille : « Ma maman a joué au hockey à Villard de Lans, de 1981 à 1984 car à l’époque à Grenoble, il n’y avait pas d’équipe féminine. A la création dans le début des années 1980, elle était également supportrice. J’étais fière que ma mère joue au hockey, malheureusement je n’ai jamais pu la voir jouer étant plus petite. Lorsque j’étais enfant justement, mon idole était Simon Bachelet. » Sa pratique au hockey, elle s’en souviendra durant toute sa vie :  » En 2008, je suis allée voir le carré final des filles. Le coach était dans les tribunes, ma mère le connaissait vu qu’elle avait joué contre lui quelques années auparavant. J’ai exposé au coach mon envie de jouer, il m’a donc proposé de faire des essais quelques jours plus tard. Par la suite, j’ai décidé de prendre ma licence, et c’est là que tout a commencé. » Audrey nous délivre son point de vue sur l’évolution du hockey féminin : « L’évolution du hockey féminin est positive, même si il faudrait que les filles soient plus reconnues ! ». Audrey pense que dans tous les sports, il faut des hommes et des femmes. Que ce soit au niveau de pratiquants ou au niveau de supporters. Ce pourquoi selon elle, la femme a sa place dans le monde du hockey. »

Audrey Dina-Mosca

Pour lire ou relire la précédente partie de l’article, cliquez sur le lien ci-dessous :
http://francehockey.fr/2018/07/04/la-place-de-la-femme-dans-le-monde-du-hockey-sur-glace-les-compagnes-des-joueurs/